Inflation : la zone euro repasse à 3,0 % en avril, sous l’effet du rebond de l’énergie
L’inflation annuelle de la zone euro est remontée à 3,0 % en avril 2026, contre 2,6 % en mars, selon les données publiées mercredi par Eurostat. Dans l’ensemble de l’Union européenne, elle atteint 3,2 %, après 2,8 % le mois précédent. Cette accélération marque un net changement de rythme par rapport au début d’année, même si la lecture détaillée des composantes montre une dynamique contrastée.
<b>L’énergie provoque l’accélération, mais les services restent le premier contributeur</b>
Le principal signal du mois vient de l’énergie. Son taux annuel atteint +10,8 % en avril, contre +5,1 % en mars, avec une hausse mensuelle de 3,0 %. Ce rebond, lié au conflit en Iran et à la flambée du pétrole, explique une grande partie de l’accélération récente de l’indice général.
Mais, en niveau de contribution, les services restent à ce stade le premier moteur de l’inflation annuelle. Eurostat leur attribue 1,38 point de pourcentage de contribution à l’inflation de la zone euro, devant l’énergie, à 0,99 point. L’alimentation, l’alcool et le tabac apportent 0,46 point, tandis que les biens industriels non énergétiques contribuent à hauteur de 0,20 point.
Une inflation sous-jacente plus contenue
La remontée du chiffre global ne signifie pas que toutes les composantes accélèrent au même rythme. L’indice hors énergie s’établit à 2,2 % en avril, contre 2,3 % en mars. L’indice excluant l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac ressort également à 2,2 %, contre 2,3 % le mois précédent.
Cette distinction est importante : le chiffre général repasse nettement au-dessus de 3 %, mais, sans surprise, la tension la plus visible vient donc surtout de l’énergie. Les services, eux, continuent de peser lourd dans l’inflation totale, même si leur taux annuel revient à 3,0 %, après 3,3 % en mars.
Des écarts marqués entre États membres
Les disparités restent fortes au sein de l’Union européenne. La Suède affiche le taux annuel le plus bas, à 0,5 %, devant le Danemark, à 1,2 %, et la Tchéquie, à 2,1 %. À l’autre extrémité, la Roumanie enregistre le taux le plus élevé, à 9,5 %, devant la Bulgarie, à 6,0 %, et la Croatie, à 5,4 %.
Par rapport à mars, l’inflation annuelle a reculé dans cinq États membres, est restée stable dans un seul et a augmenté dans vingt et un. Cette diffusion géographique de la hausse donne à la publication d’avril une portée plus large qu’un simple effet isolé sur quelques pays.
France, Allemagne, Italie, Espagne : les grandes économies divergent
Parmi les principales économies de la zone euro, l’Allemagne affiche une inflation annuelle de 2,9 % en avril. La France reste plus basse, à 2,5 %, tandis que l’Italie ressort à 2,8 %. L’Espagne se situe au-dessus de la moyenne de la zone euro, avec un taux de 3,5 %.
Ces écarts rappellent que l’inflation européenne ne se résume pas à un seul chiffre. La moyenne de la zone euro masque des situations nationales différentes, liées à la structure des prix, au poids de l’énergie et aux dynamiques propres de consommation dans chaque pays.