Apex Critical Metals : perte de 13,99 M$ CA, trésorerie portée à 14,99 M$
Apex Critical Metals a publié les comptes de son exercice clos le 31 juillet 2026. La perte nette atteint 13,99 millions de dollars canadiens, contre 4,09 millions un an plus tôt, soit une hausse de 9,9 millions. Selon la société, cette hausse tient principalement à deux postes, dont l'essentiel ne donne lieu à aucune sortie de trésorerie.
La rémunération en actions progresse d'environ 6,6 millions et les dépenses de publicité et de relations investisseurs d'environ 1,7 million. La trésorerie consommée par l'exploitation augmente de 1,98 à 4,94 millions, une hausse inférieure à celle de la perte comptable.
Dans le même temps, la junior, qui ne réalise pas de chiffre d'affaires, a levé de quoi financer le forage de son projet de terres rares Rift, au Nebraska.
Une perte alourdie surtout par la rémunération en actions
La charge de rémunération en actions comptabilisée en résultat s'élève à 9,17 millions de dollars canadiens, contre 2,59 millions sur l'exercice précédent, dont 6,57 millions au titre des administrateurs et dirigeants. La société l'explique par une juste valeur plus élevée des attributions, liée à la hausse du cours de l'action entre les deux exercices.
Selon Apex, cette charge est sans effet sur le fonds de roulement, la liquidité et les flux de trésorerie. La hausse des dépenses de publicité reflète, d'après la direction, une trésorerie plus abondante et un programme de communication lancé après l'acquisition du projet Rift.
Les autres frais suivent l'élargissement de la cotation : les honoraires juridiques passent de 50 644 à 448 504 dollars et les frais de cotation de 71 071 à 531 773 dollars, notamment avec l'admission sur Euronext Access Paris le 9 juillet 2026. Les produits d'intérêts progressent, eux, à 307 877 dollars, contre 99 336 dollars.
Les levées de fonds financent d'abord le forage de Rift
Les flux de financement atteignent 29,83 millions de dollars canadiens, contre 6,84 millions un an plus tôt. Ils proviennent de trois placements privés, dont un de 15 millions conclu le 2 juin 2026 à 1,90 dollar par unité, et de l'exercice de bons de souscription pour 4,38 millions.
L'essentiel de ces fonds est reparti en exploration : 18,12 millions de dépenses ont été immobilisées, dont 14,15 millions sur Rift et 3,53 millions sur le projet Cap, en Colombie-Britannique. Les actifs d'exploration et d'évaluation progressent ainsi de 3,35 à 21,47 millions.
Les flux d'investissement s'élèvent à 15,45 millions, contre 0,99 million. Malgré ces sorties, la trésorerie de clôture progresse à 14,99 millions, contre 5,54 millions, et le fonds de roulement à 11,94 millions, contre 4,88 millions, sans aucune dette.
Une première estimation de ressources visée début 2027 à Rift
Lancé fin janvier 2026, le programme de forage de Rift compte 39 sondages pour environ 25 000 mètres ; les résultats de 24 d'entre eux ont été publiés et 15 restent attendus. La minéralisation de la zone Trinity est suivie sur environ 500 mètres en direction et plus de 300 mètres en aval-pendage.
La société prévoit d'achever ce programme et de produire une première estimation de ressources minérales au premier trimestre 2027, conformément à la phase II recommandée par le rapport technique, dont le budget est estimé à environ 5,845 millions de dollars américains.
Au quatrième trimestre, la perte nette et globale s'élève à 3,60 millions de dollars canadiens, contre 1,85 million un an plus tôt. Après la clôture, l'offre de certificats américains d'actions (ADS) au Nasdaq a rapporté 1,86 million de dollars américains bruts, complétés de 279 000 dollars par l'option exercée par le placeur.
Un prospectus préalable permet en outre d'émettre jusqu'à 100 millions de dollars canadiens de titres. Apex fait état d'une incertitude significative sur sa continuité d'exploitation, tout en estimant son fonds de roulement suffisant pour plus d'un an.
L'exercice associe ainsi une perte comptable creusée pour l'essentiel par des charges sans sortie de trésorerie et un recours aux marchés actions pour financer un forage qui absorbe désormais la majeure partie des capitaux levés.