Arkema : EBITDA en hausse de 7,4 % au deuxième trimestre, guidance annuelle confirmée
Arkema a publié des résultats du deuxième trimestre 2026 nettement plus solides que ceux du premier, avec un EBITDA en hausse de 7,4 % sur un an à 391 M€ et une marge d'EBITDA portée à 16,1 %.
Sur l'ensemble du semestre, le chiffre d'affaires recule toutefois de 3,5 % à 4 610 M€ et l'EBITDA de 2,7 % à 674 M€, dans un environnement marqué par le conflit au Moyen-Orient et une demande mondiale toujours faible.
Le groupe maintient sa guidance annuelle d'un EBITDA 2026 légèrement supérieur à celui de 2025 à taux de change constants.
Un deuxième trimestre de rebond porté par les prix
Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre s'établit à 2 428 M€, en progression de 1,3 % en données publiées et de 3,2 % en croissance organique par rapport au deuxième trimestre 2025. Cette dynamique est tirée par un effet prix de 5,1 %, qui reflète les ajustements rapides opérés pour compenser la forte inflation des coûts des matières premières après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, ainsi que des conditions plus tendues dans l'amont acrylique.
Les volumes reculent en revanche de 1,8 % dans un environnement de demande mondiale toujours globalement faible. Quelques marchés porteurs continuent de se distinguer : les batteries, l'électronique et l'impression 3D affichent une hausse des ventes d'environ 15 % sur le trimestre. L'effet périmètre est légèrement négatif à -0,7 %, lié à la cession de certaines petites activités d'additifs plastiques finalisée le 1er juillet, et l'effet change à -1,2 %.
Sur les six premiers mois, le chiffre d'affaires ressort à 4 610 M€, en baisse de 3,5 % sur un an, l'effet change ayant notamment pesé plus lourdement au premier trimestre.
L'EBITDA trimestriel progresse de 7,4 % à 391 M€, malgré un effet de change défavorable de 10 M€, porté par les bonnes performances des Adhésifs et de Coating Solutions. La marge d'EBITDA gagne 90 points de base, à 16,1 % contre 15,2 % un an plus tôt, traduisant la discipline tarifaire et la maîtrise des coûts fixes. Le résultat d'exploitation courant (REBIT) augmente de 10,9 % à 220 M€, sa marge passant de 8,3 % à 9,0 %.
Les Adhésifs et Coating Solutions tirent le rebond
Les Adhésifs, qui pèsent 30,5 % du chiffre d'affaires du groupe, affichent une croissance organique de 3,8 %, avec un EBITDA en hausse de 7,3 % à 111 M€ et une marge d'EBITDA qui gagne 60 points de base pour atteindre 15,1 %. Le dynamisme provient de la hausse des prix dans les adhésifs industriels et d'une croissance robuste dans les solutions de pointe pour biens durables, notamment l'aéronautique, l'électronique grand public et l'assemblage industriel, tandis que l'emballage et la construction restent en retrait.
Coating Solutions enregistre un net redressement : le chiffre d'affaires progresse de 4,9 % à 422 M€, l'EBITDA bondit de 52,9 % à 78 M€ et la marge d'EBITDA passe de 12,7 % à 18,5 %. Cette performance reflète la forte croissance de Sartomer dans les trois régions et le recentrage continu du portefeuille vers des applications à plus forte valeur ajoutée.
Matériaux Avancés, premier segment du groupe avec 36 % des revenus, voit son chiffre d'affaires reculer de 3,1 % en données publiées (-1,5 % à taux de change constants) à 872 M€, et son EBITDA baisser de 13,2 % à 163 M€, pénalisé par des Additifs de Performance affectés par la situation au Moyen-Orient et par une demande plus faible dans le raffinage et les engrais. La marge d'EBITDA reste néanmoins la plus élevée du groupe, à 18,7 % contre 20,9 %, les Polymères Haute Performance étant globalement stables.
Primary Materials progresse de 5,6 % à 389 M€, tiré par un effet prix de 16,0 % reflétant la hausse des prix des monomères acryliques après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, tandis que les volumes reculent de 9,7 %. L'EBITDA du segment bondit de 30,3 % à 58 M€, avec une marge portée de 12,0 % à 14,8 %. Le groupe précise toutefois que les spreads acryliques sont revenus à des niveaux faibles en Asie depuis le mois de mai.
Trésorerie sous pression, levier d'endettement en hausse
Le flux de trésorerie courant du deuxième trimestre s'établit à 78 M€, en recul de 29,3 % par rapport aux 111 M€ du deuxième trimestre 2025, sous l'effet de l'augmentation du besoin en fonds de roulement liée aux prix plus élevés des matières premières et à la saisonnalité traditionnelle. Le ratio de besoin en fonds de roulement s'améliore néanmoins à 15,8 % du chiffre d'affaires annualisé, contre 17,0 % à fin juin 2025.
Les investissements reculent à 117 M€ sur le trimestre (152 M€ un an plus tôt), en ligne avec la cible annuelle de 600 M€. Le flux de trésorerie libre ressort à 68 M€, contre 91 M€ au deuxième trimestre 2025.
La dette nette et obligations hybrides s'élève à 3 605 M€ à fin juin 2026, globalement stable sur un an (3 580 M€ à fin juin 2025) après le paiement d'un dividende de 3,60 euros par action en mai, soit 272 M€. Elle progresse en revanche de 435 M€ depuis le 31 décembre 2025 (3 170 M€), portant le ratio de dette nette et obligations hybrides sur EBITDA des douze derniers mois de 2,5x à 2,9x.
La montée en puissance des projets majeurs a apporté une contribution additionnelle d'environ 25 M€ à l'EBITDA du premier semestre 2026 par rapport à l'an dernier, et le groupe attend une contribution d'environ 50 M€ sur l'ensemble de l'exercice 2026.