Cellectis : chiffre d'affaires en hausse de 62 %, mais la perte nette se creuse
Le groupe de biotechnologie Cellectis a enregistré une augmentation de 62 % de son chiffre d'affaires en 2025, portée par ses accords avec AstraZeneca et Servier. Cependant, sa perte nette s'est creusée à 67,6 millions de dollars, effaçant les gains commerciaux et posant la question de la viabilité financière de ses opérations avant 2028.
Une dynamique commerciale inversée par les turbulences financières
Au premier regard, Cellectis affiche une excellente année sur le plan commercial. Le chiffre d'affaires et autres revenus consolidés s'élèvent à 79,6 millions de dollars pour l'exercice 2025, contre 49,2 millions de dollars en 2024, soit une augmentation de 30,4 millions de dollars (62 %).
Cette progression est principalement attribuable aux services rendus dans le cadre des plans de recherche et à l'atteinte des obligations de performance prévues dans l'accord de recherche et de collaboration conclu avec AstraZeneca. Les frais de recherche et développement ont augmenté de 3,0 millions de dollars pour atteindre 93,5 millions de dollars, en ligne avec l'évolution des effectifs de R&D. Les frais administratifs et commerciaux s'élèvent à 19,8 millions de dollars, en légère augmentation de 0,7 million de dollars. Sur le plan opérationnel, la situation paraît donc maîtrisée.
Mais la perte financière explose sous le poids des pertes de change et des variations de juste valeur
Derrière cette apparente solidité opérationnelle se cache une débâcle financière. Cellectis enregistre une perte financière nette consolidée de 34,9 millions de dollars en 2025, un retournement spectaculaire comparé au gain financier net de 22,8 millions de dollars en 2024, soit une variation négative de 57,7 millions de dollars. Cette dégradation s'explique par deux facteurs majeurs : d'abord, la diminution des produits financiers de 28,3 millions de dollars, due notamment à la disparition d'un gain non récurrent de 14,3 millions de dollars en 2024 et à une baisse de 7,2 millions de dollars des gains de change.
Ensuite, l'augmentation des charges financières de 29,5 millions de dollars, principalement causée par une perte de change de 22,2 millions de dollars liée à la dépréciation du dollar face à l'euro, et par une perte de 14,7 millions de dollars relative à l'évaluation de la juste valeur des bons de souscription émis au profit de la Banque Européenne d'Investissement. Au final, la perte nette attribuable aux actionnaires s'établit à 67,6 millions de dollars (perte de 0,67 dollar par action), contre 36,8 millions de dollars en 2024 (perte de 0,41 dollar par action).
Une trésorerie stable mais déterminée par l'horizon 2027
Malgré cette perte considérable, Cellectis dispose au 31 décembre 2025 de 211 millions de dollars de trésorerie, d'équivalents de trésorerie et de dépôts à terme, contre 264 millions de dollars un an plus tôt.
Cette variation de 53 millions de dollars reflète les encaissements de clients (36,9 millions de dollars) et les revenus d'intérêts (8,4 millions de dollars), compensés par les paiements aux fournisseurs (50,5 millions de dollars), les salaires et charges sociales (40,0 millions de dollars), et le remboursement de la dette PGE (5,4 millions de dollars). Cellectis estime que sa trésorerie sera suffisante pour financer ses activités jusqu'au second semestre 2027, mettant l'accent sur la nécessité de générer des résultats significatifs dans ses essais cliniques.
Entre les données intermédiaires attendues de la phase 2 pour lasmé-cel en leucémie lymphoblastique aigüe à cellules B et les résultats complets de la phase 1 pour éti-cel dans le lymphome non hodgkinien, tous deux prévus au quatrième trimestre 2026, l'année qui s'ouvre s'annonce décisive. Le dépôt d'une demande d'autorisation de mise sur le marché pour lasmé-cel est prévu pour 2028, offrant une trajectoire réglementaire claire mais exigeante.