Crossject : la perte se réduit de 19 % en 2025, portée par le contrat BARDA
Crossject a franchi un seuil. Pour la première fois, le développeur du dispositif d'auto-injection sans aiguille ZENEO® affiche une trajectoire opérationnelle clairement orientée vers l'amélioration, quand bien même la perte reste substantielle. Mais cette bonne nouvelle cache une réalité plus nuancée : pendant que la société consolide ses avancées réglementaires sur ZEPIZURE® (son injection anti-épilepsie) et renforce ses moyens financiers, sa position de trésorerie demeure constamment tendue, obligeant l'entreprise à explorer de nouvelles sources de financement pour maintenir le cap jusqu'aux premières commandes commerciales attendues en 2026.
Des résultats opérationnels en net redressement
Crossject a enregistré en 2025 des produits d'exploitation de 14,9 M€, en progression de 12,2 % par rapport aux 13,3 M€ de 2024. Cette amélioration est directement liée à la facturation BARDA, qui a bondi à 12,1 M€ contre 8,2 M€ un an plus tôt. En parallèle, les charges d'exploitation se sont stabilisées à 26,5 M€ (contre 26,2 M€ en 2024), contenant ainsi la dérive des dépenses. Le résultat d'exploitation ressort à -11,6 M€, amélioré par rapport aux -13,0 M€ publiés en 2024 et surtout aux -14,2 M€ retraités des éléments exceptionnels de l'année précédente. Au net, la perte s'est rétrécie à -10,4 M€ contre -12,8 M€ en 2024, soit une amélioration de 19 % du résultat net en un an.
L'effet BARDA : une trajectoire régulière mais à coût constant
L'amélioration des résultats financiers épouse précisément les contours de l'accord BARDA. Cet organisme fédéral américain de développement de contre-mesures médicales a porté en septembre 2025 son engagement financier de 11,3 M$ supplémentaires, ramenant le montant total du contrat à 43,3 M$. Ce soutien dédié aux activités réglementaires et de fabrication reflète la progression concrète de ZEPIZURE® : Crossject a publié en 2025 des résultats de stabilité à six mois à température ambiante pour un lot d'enregistrement, poursuivi la production de lots de validation via Eurofins, et obtenu plusieurs audits positifs de ses sites de production. Parallèlement, la société a avancé sur la plateforme ZENEO® elle-même, notamment sur les variantes intramusculaires et pédiatriques (ZEPIZURE® Junior).
La trésorerie, talon d'Achille d'une ambition 2026-2027
La vraie tension de Crossject se cristallise au bilan. Les disponibilités ne s'élèvent qu'à 5,1 M€ au 31 décembre 2025, complétées par une créance de Crédit d'Impôt Recherche de 2,8 M€, soit un total de 7,9 M€ contre 8,4 M€ l'année précédente. Cette position fragile explique pourquoi le groupe a dû relever plusieurs opérations de financement en 2025 : nouvelle tranche d'OCAs en février, augmentation de capital de 5,7 M€ en juin, et financement de 5 M€ de Vatel Capital en novembre. Même la réduction de la dette bancaire (2,7 M€ remboursés, ramenant la dette bancaire à 10,2 M€ contre 12,9 M€) témoigne d'une rationalisation plutôt que d'une accumulation de cash. Or, Crossject vise les premières livraisons commerciales à la BARDA en 2026 et le démarrage de la commercialisation de ZEPIZURE® aux États-Unis en 2027. La direction affirme être confiante dans sa capacité à financer son business plan jusqu'à ces jalons, mais elle reconnaît que la recherche de financements reste sa priorité. Pour les investisseurs, cette année 2026 sera déterminante.