Ecoslops : le CA progresse de 5 %, mais la marge brute recule
Ecoslops a enregistré en 2025 une croissance de 5% de son chiffre d'affaires, portée par l'activité Services portuaires en progression de 16%. Cependant, cette avancée commerciale s'accompagne d'une contraction de la marge brute passée de 65% à 61%, tandis que l'EBITDA demeure quasi stable à 0,3 M€. La cleantech doit désormais démontrer sa capacité à reconcilier croissance et retour à la profitabilité dans un contexte de marché pétrolier déprimé.
Services portuaires en renfort, activité Produits raffinés ralentie
Le groupe a généré un chiffre d'affaires de 12,0 M€ en 2025, en progression de 534 K€ soit 5% sur un an. Cette croissance s'articule autour de deux dynamiques divergentes. L'activité Services portuaires a connu un élan sensible avec une hausse de 16%, passant de 2,7 M€ à 3,2 M€. À l'inverse, les Produits raffinés n'ont progressé que de 1%, de 8,8 M€ à 8,9 M€. Cette progression limitée doit être contextualisée : le prix moyen du baril de Brent s'est replié de 73,8 €/baril en 2024 à 60,7 €/baril en 2025, soit une baisse de 18%. L'unité de Sines a compensé cet effet prix négatif de 13% par un effet volume positif de 14%. La production s'est établie à 25 352 tonnes de produits raffinés contre 21 448 tonnes l'année précédente, tandis que les ventes ont atteint 22 760 tonnes contre 19 981 tonnes en 2024.
Marge brute comprimée malgré la maîtrise des coûts
La progression du chiffre d'affaires ne s'est pas traduite par une amélioration de la profitabilité opérationnelle. Le taux de marge brute s'est contracté de 4 points, passant de 65% à 61%, entraînant une baisse absolue de 148 K€. Le groupe attribue cette érosion à deux facteurs : la poursuite du renchérissement du transport maritime et un mix d'achat des slops moins favorable en 2025. Les charges de personnel ont toutefois baissé de 194 K€, passant de 3,3 M€ à 3,1 M€, tandis que les charges externes se sont accrues de 139 K€. L'EBITDA ressort ainsi à 0,3 M€, pratiquement inchangé par rapport à 2024 qui enregistrait 0,4 M€. Cet EBITDA quasi stagnant dans un contexte de croissance du chiffre d'affaires illustre les tensions opérationnelles du groupe. Le résultat net consolidé s'améliore néanmoins de 690 K€, passant de moins 3,1 M€ à moins 2,4 M€, bénéficiant d'une amélioration du résultat financier et d'une charge de restructuring plus faible.
Renouvellement de concession et expansion internationale en suspens
La visibilité du groupe dépend largement de deux enjeux structurels. Concernant Sines, le contrat de sous-concession portuaire avec CLT (filiale de GALP) arrive à échéance en août 2027. Les discussions sur son renouvellement, engagées en 2024, doivent aboutir au second semestre 2026. GALP dispose de trois options : une remise en concurrence, un renouvellement de gré à gré ou l'internalisation de l'activité. Sur le développement international, le projet Scarabox en Côte d'Ivoire, soutenu par Bpifrance, a été reporté de 2025 à 2026 suite à l'élection présidentielle ivoirienne et la formation du nouveau gouvernement. Une version allégée, la Scarabatch d'une capacité de 2 000 tonnes par an, a été développée en 2025 pour répondre à d'autres prospects. La trésorerie s'élève à 5,2 M€ au 31 décembre 2025, tandis que la dette nette demeure stable à 11,9 M€. Le groupe dispose ainsi des ressources pour honorer ses engagements court terme mais reste dépendant de la concrétisation de ses perspectives commerciales pour retrouver un chemin de profitabilité durable.