GENFIT : un CA de 65 M€ en 2025, mais une perte nette qui se creuse à 86 M€
GENFIT a enregistré un chiffre d'affaires de 65,4 millions d'euros en 2025, dopé par les redevances d'Iqirvo (21,8 millions) et deux paiements d'étape (43,6 millions) liés au succès commercial du produit phare d'Ipsen dans la cholangite biliaire primitive. Cependant, la perte nette de la biotech s'est creusée à 86,0 millions d'euros contre un gain net de 1,5 million en 2024, révélant des charges opérationnelles en hausse importante et des frais financiers non négligeables.
Les revenus dépendants d'Iqirvo atteignent un nouveau palier
L'ensemble du chiffre d'affaires 2025 de GENFIT provient de son accord stratégique avec Ipsen signé en décembre 2021. Les revenus de redevances se sont élevés à 21,8 millions d'euros, dépassant les prévisions initiales. Deux paiements d'étape majeurs ont complété ce total : 26,55 millions d'euros en juillet 2025 suite à l'approbation du prix et du remboursement d'Iqirvo en Italie (troisième pays majeur européen à accorder cette autorisation, après le Royaume-Uni et l'Allemagne) et 17,0 millions d'euros (20,0 millions de dollars) consécutif au franchissement du seuil des 200 millions de dollars de ventes nettes d'Iqirvo au cours de la première année complète de commercialisation du produit. Ces revenus contractuels restent cependant étroitement liés à la performance d'un partenaire unique et dépendent de jalons commerciaux externes à la maîtrise directe de GENFIT.
Charges opérationnelles en expansion malgré la hausse des revenus
Les charges d'exploitation de GENFIT ont bondi de 67,7 millions d'euros en 2024 à 124,7 millions d'euros en 2025, soit une augmentation de 84%. Cette envolée reflète notamment les efforts accrus de recherche et développement consacrés à la franchise ACLF (décompensation aigüe sur cirrhose), incluant les programmes VS-01, NTZ/G1090N, SRT-015, CLM-022 et VS-02 HE, ainsi que le programme GNS561 dans le cholangiocarcinoma. La perte opérationnelle consolidée affichée est de 53,6 millions d'euros, détériorant le gain opérationnel de 3,3 millions d'euros enregistré en 2024. Hors charges non récurrentes de 49,1 millions d'euros (liées à l'arrêt de l'essai VS-01 ACLF) sans impact sur la trésorerie, la perte opérationnelle serait ramenée à 4,5 millions d'euros. Le résultat financier a également dégradé avec une perte de 32,9 millions d'euros en 2025 contre 1,4 million en 2024, largement imputée à une évaluation de la juste valeur du passif relatif au Royalty Financing augmentée de 28,8 millions d'euros, reflétant des prévisions de redevances meilleures qu'anticipé, générant ainsi 13,3 millions d'euros de charges financières supplémentaires.
Visibilité de trésorerie prolongée mais conditionnée à des jalons externes
La trésorerie et les équivalents de trésorerie s'élevaient à 101,1 millions d'euros au 31 décembre 2025, en progression de 19,3 millions d'euros par rapport au 31 décembre 2024 (81,8 millions d'euros). GENFIT s'appuie également sur l'accord de financement non-dilutif signé en mars 2025 avec HCRx pour prolonger significativement son horizon de trésorerie au-delà de fin 2028. En janvier 2026, la société a reçu le deuxième versement du Royalty Financing pour 30,0 millions d'euros. GENFIT estime que sa trésorerie couvrira ses dépenses opérationnelles et en capital au-delà de la fin de 2028. Cette projection suppose toutefois la réception de futurs paiements d'étapes significatifs en application de l'accord Ipsen et que le partenaire atteindra les seuils de ventes attendus, ainsi que l'exercice éventuel d'une troisième et dernière option de tirages au titre du Royalty Financing. Les perspectives pour 2026 s'appuient sur une confirmation de la performance d'Iqirvo en PBC, l'accélération attendue de l'activité diagnostique dans la MASH, et la production de résultats complets d'essai de phase 1b en oncologie prévue pour l'été 2026, ainsi que l'initiation d'études de phase 2 pour GNS561 et NTZ/G1090N au second semestre 2026.