Ipsen chute de 7 % après le feu vert américain à un générique de Somatuline
L'action Ipsen chute de plus de 7 % lundi matin à la Bourse de Paris après l'autorisation aux États-Unis d'une version générique du lanréotide, le principe actif de Somatuline. Le laboratoire américain Amneal, qui a obtenu le feu vert de la FDA, annonce un lancement immédiat de son produit. L'arrivée de ce nouveau concurrent était anticipée, mais elle remet au premier plan la dépendance encore importante d'Ipsen à son médicament historique.
Somatuline directement confronté à un nouveau générique aux États-Unis
Ipsen perd 7,31 % à 144,50 € en séance, signant la plus forte baisse du SBF 120 à ce stade de la journée. Le titre avait clôturé à 155,90 € vendredi 18 septembre. Sa baisse atteint désormais 8,02 % sur une semaine et 11,57 % sur un mois, alors que le SBF 120 progresse de 0,78 % lundi matin.
Le mouvement intervient après l'annonce vendredi soir par Amneal Pharmaceuticals de l'autorisation par la Food and Drug Administration de son injection de lanréotide 120 mg/0,5 ml, présentée en seringue préremplie. Le médicament fait référence à Somatuline Depot d'Ipsen et a obtenu le statut de « Competitive Generic Therapy ». Amneal indique disposer de capacités de production internes dédiées et annonce un lancement immédiat aux États-Unis.
L'enjeu est significatif pour Ipsen. Selon les données IQVIA citées par Amneal, Somatuline Depot a représenté 983 millions de dollars de ventes aux États-Unis au cours des douze mois achevés en juillet 2026. Somatuline représente par ailleurs environ 30 % du chiffre d'affaires d'Ipsen au premier semestre.
La concurrence du lanréotide générique n'est toutefois pas une surprise pour le groupe. Lors de ses résultats du premier semestre, Ipsen avait explicitement construit ses objectifs 2026 en intégrant l'hypothèse d'une arrivée de génériques, tout en tablant sur la poursuite de la croissance des ventes de Somatuline. Le laboratoire avait alors relevé ses objectifs annuels, avec une croissance du chiffre d'affaires supérieure à 20 % à taux de change constant et une marge opérationnelle des activités supérieure à 37 %.
Les analystes regardent surtout l'impact à partir de 2027
L'incertitude porte désormais davantage sur l'ampleur de la pression concurrentielle que sur son existence. Jefferies considère que l'arrivée du générique était déjà prise en compte dans les estimations pour 2026, mais estime qu'un lancement rapide pourrait peser sur les attentes pour 2027. La banque maintient sa recommandation à sous-performance, avec un objectif de cours de 135 €. RBC Capital souligne de son côté que le dosage concerné représenterait environ 60 % des volumes de Somatuline selon IQVIA. La banque considère également que le calendrier d'arrivée du concurrent d'Amneal est globalement conforme aux attentes et déjà intégré aux prévisions d'Ipsen. Elle reste à surperformance avec un objectif de 148 €. À plus long terme, la pression concurrentielle pourrait également venir de Camurus. Jefferies surveille notamment l'étude consacrée au CAM2029 : une démonstration de supériorité par rapport à Somatuline pourrait, selon ses estimations, entraîner une révision d'environ 10 % des anticipations de bénéfices du consensus pour 2028 et 2029.
Le décrochage casse également plusieurs repères techniques
La chute du jour accélère une dégradation graphique déjà visible depuis plusieurs semaines. À 144,50 €, Ipsen évolue sous sa moyenne mobile à 20 jours, située à 161,91 €, sous celle à 50 jours à 160,89 € et désormais sous la moyenne mobile à 200 jours, à 152,91 €. Le titre avait déjà cassé son support à 155,40 € le 17 septembre. Le RSI ressort à 41, encore au-dessus de la zone généralement associée à la survente. Le prochain enjeu technique sera notamment une éventuelle reconquête de la moyenne mobile à 200 jours. Sur le plan fondamental, les prochaines semaines permettront surtout de mesurer la vitesse de pénétration du générique d'Amneal sur le marché américain et son effet sur les ventes de Somatuline.