Ipsen rachète Kartos Therapeutics pour 450 M$ et renforce son portefeuille en oncologie
Le groupe biopharmaceutique Ipsen a annoncé lundi l'acquisition de la biotech Kartos Therapeutics pour un montant initial de 450 M$. Cette opération lui permet d'intégrer navtemadlin, un candidat-médicament au stade avancé ciblant la myélofibrose, maladie rare du sang, avec des données d'efficacité préliminaires jugées prometteuses.
Une acquisition stratégique en oncologie rare
Ipsen a signé un accord définitif pour acquérir Kartos Therapeutics, annoncé lundi 29 juin 2026. Le prix d'acquisition s'élève à 450 M$ au moment de la clôture. Des paiements d'étapes supplémentaires, pouvant atteindre 1,3 Md$, sont également prévus pour les actionnaires de Kartos, incluant un jalon réglementaire significatif et des jalons liés aux ventes. La transaction devrait fermer avant la fin du troisième trimestre 2026, sous réserve de l'approbation des autorités de la concurrence américaines (Hart-Scott-Rodino Antitrust Improvements Act). Selon le groupe, l'opération sera accretive au résultat opérationnel courant à partir de 2029, avec une dilution limitée aux perspectives financières 2026.
Navtemadlin, inhibiteur MDM2 en phase III contre la myélofibrose
L'actif principal acquis, navtemadlin, est un inhibiteur oral de MDM2 en cours d'évaluation comme traitement complémentaire au ruxolitinib chez les patients atteints de myélofibrose présentant une réponse suboptimale. L'essai clinique de phase III POIESIS, principal programme d'enregistrement, s'appuie sur des données antérieures encourageantes. Lors de l'essai de phase Ib/II (KRT-232-109), navtemadlin en ajout au ruxolitinib a montré une activité significative chez les patients mal répondants. À la semaine 24, parmi 19 patients, 42 % ont atteint une réduction d'au moins 25 % du volume splénique et 32 % une réduction d'au moins 35 %. Le produit a également démontré une activité potentiellement modificatrice de la maladie : 71 % des patients évaluables (n=7) ont atteint une réduction d'au moins 20 % de la fréquence allélique des mutations pilotes et 57 % ont montré une amélioration de la fibrose médullaire de grade ≥1. Les données de phase III POIESIS, impliquant plus de 600 patients dans plus de 250 sites, sont attendues en 2027.
Myélofibrose et besoin thérapeutique non satisfait
La myélofibrose est une néoplasie myéloprolifétive rare affectant environ 1,5 personne pour 100 000 habitants en Amérique du Nord et en Europe. Le ruxolitinib, un inhibiteur JAK, est le traitement de référence pour cette maladie du sang. Cependant, une proportion significative de patients ne répond pas suffisamment au ruxolitinib et environ 50 à 75 % abandonnent le traitement après trois ans. Après l'arrêt du ruxolitinib, les résultats sont graves avec une survie globale médiane de 1 à 2 ans, soulignant le besoin urgent de nouvelles stratégies thérapeutiques.