Lacroix : CA en hausse de 3,1 % au S1, mais Electronics recule de 1,1 %
Lacroix a publié un chiffre d'affaires de 235,2 M€ au premier semestre 2026, en hausse de 3,1 % par rapport à la période équivalente de 2025. Cette progression cache cependant une divergence croissante : l'activité Environment, qui représente désormais plus d'un tiers du groupe, a bondi de 12,8 %, tandis qu'Electronics, historiquement le cœur de métier, a reculé de 1,1 %. Le groupe confirme ses objectifs pour 2026 et réitère sa feuille de route 2027, mais la dynamique sous-jacente révèle une dépendance accrue à des cycles ponctuels.
Environment porte la croissance, Electronics stagne
Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d'affaires consolidé de Lacroix s'est établi à 112,4 M€, quasi stable par rapport à 112,1 M€ un an plus tôt (+0,3 %). Cette stagnation au T2 tranche avec une croissance de 3,1 % sur l'ensemble du semestre, révélant un ralentissement progressif à mesure que l'exercice avance. L'activité Environment a enregistré 36,7 M€ de chiffre d'affaires au T2, en progression de 3,8 %, tandis qu'Electronics s'est contractée à 75,6 M€, en recul de 1,4 %. Sur six mois, Environment a atteint 79,1 M€ (+12,8 %) et Electronics 156,1 M€ (-1,1 %). Le groupe explique cette croissance fragmentée par des phénomènes non-récurrents : la fin des réseaux 2G/3G en France, qui a dopé le segment Eau, et un programme PERTE en Espagne arrivé à expiration le 30 juin 2026. Dans Electronics, le rééquilibrage sectoriel s'est poursuivi. L'Automobile, malgré son statut de premier marché, passe à 40 % du chiffre d'affaires du secteur, contre 60 % il y a trois ans. L'Aéronautique et Défense progresse vers 12 % de la contribution, contre environ 9 % en 2025. Cet ajustement reflète une diversification intentionnelle, mais masque une quasi-stabilité commerciale du secteur sous-jacent.
Normalisation attendue d'Environment au second semestre
Le groupe anticipe une « normalisation de la croissance de l'activité Environment » à partir du second semestre, après un premier semestre « exceptionnellement dynamique ». Plusieurs freins sont déjà identifiés : l'arrêt du programme PNRR en Italie, les retombées du contexte géopolitique en Arabie Saoudite, le ralentissement en Espagne post-PERTE, et l'attentisme budgétaire lié à la tenue d'élections municipales en France, qui pénalise structurellement le segment Éclairage Public. Ces facteurs expliquent pourquoi Environment, malgré sa croissance de 12,8 % au S1, ne peut être considérée comme un moteur structurel de long terme. La direction anticipe une « stabilisation a minima » du secteur sur l'ensemble de l'exercice 2026. Cette formulation prudente suggère peu de marge de manœuvre pour des surprises positives au second semestre.
Redémarrage d'Electronics attendu en 2027
Lacroix confirme, « avec un haut niveau de confiance », son objectif de progression modérée du chiffre d'affaires pour l'ensemble de 2026, et réitère un taux de marge d'EBITDA de 7,6 %. Sur le plan de la structure financière, le groupe vise un ratio dette nette/EBITDA inférieur à 2,5. À horizon 2027, Lacroix réaffirme ses objectifs : un chiffre d'affaires compris entre 475 et 500 M€ (contre 445,5 M€ en 2025, soit une croissance implicite de 6,7 % à 12,4 %), une marge d'EBITDA supérieure à 8 %, et un ratio dette nette/EBITDA inférieur à 2,0 fois. Le redémarrage attendu d'Electronics, « porté notamment par la montée en puissance du segment Aéronautique et Défense », constitue le principal levier de croissance implicite de 2027. Cependant, Electronics affiche une baisse de 1,1 % au S1, et le groupe compte sur l'accélération du secteur aéronautique pour compenser la quasi-stabilité des autres segments. Cette hypothèse repose sur une visibilité commerciale que le groupe n'explicite pas dans son communiqué.