Lacroix mise sur la numérisation des réseaux d'eau face aux fuites en Europe
Lacroix présente mardi la digitalisation des réseaux d'eau comme un levier stratégique structurel face aux enjeux climatiques et aux fuites massives d'eau. Le groupe positionne son segment Water Networks en réponse directe à des plans d'investissement nationaux massifs en Europe et à l'accélération de la modernisation des infrastructures.
Un contexte de stress hydrique et de pertes réseau sans précédent
Lacroix justifie sa stratégie par un contexte environnemental et infrastructurel dégradé. Depuis 2000, la fréquence et la durée des épisodes de sécheresse ont augmenté de 29 % à l'échelle mondiale, selon les données citées par le groupe. En France, environ 20 % de l'eau distribuée aux robinets est perdue par fuites avant d'atteindre les foyers, tandis que cette perte dépasse 30 % globalement. Le groupe souligne que les infrastructures vieillissantes amplifient cette problématique sur un réseau français comprenant près d'un million de kilomètres de canalisations d'eau potable et 425 000 km de réseaux d'eaux usées.
En Europe, les gouvernements mobilisent des investissements massifs pour lutter contre ces pertes. L'Italie a réservé 194 milliards d'euros sous son programme PNRR pour la modernisation de ses réseaux, où les taux de fuite avoisinent 42 %. L'Espagne a investi plus de 3 milliards d'euros dans la digitalisation de son cycle de l'eau, face au stress hydrique structurel amplifié par les sécheresses méditerranéennes.
Solutions intégrées : capteurs, transmission et supervision des données
Lacroix décrit une offre end-to-end intégrant capteurs connectés, unités de transmission et plateforme de supervision centralisée. Le groupe a déployé 12 500 capteurs en 2025 (hausse de 44 % en un an) et vendu 18 500 RTU SOFREL S4W (Remote Terminal Units), en hausse de 24 % en un an. Sa plateforme IoT centralisée LX CONNECT est déjà déployée auprès de 115 opérateurs en France et à l'international. Le groupe fournit également LX SCADA, une interface de supervision opérationnelle offrant le contrôle en temps réel de tous les actifs hydrauliques. Cette approche couvre la totalité du cycle de la donnée : détection des fuites et prévention de la pollution, traitement et transmission des données en temps réel à partir de sites distants, gestion et mises à jour centralisées de la flotte d'équipements.
Lacroix souligne l'intégration native de la cybersécurité dans ses solutions, en réponse aux exigences imposées par la Directive NIS2 européenne et le Cyber Resilience Act, notamment pour les opérateurs d'infrastructures critiques.
Le réseau rennais : gains de 43 % sur les fuites et l'énergie
Lacroix présente la digitalisation du réseau d'eau potable de la métropole rennaise (450 000 habitants) comme cas de référence. Suite au déploiement des solutions de télécontrôle centralisé du groupe, les améliorations mesurées atteignent 43 % sur trois indicateurs clés : réduction des fuites, consommation énergétique et émissions de CO₂. Les économies annuelles générées s'élèvent à 270 000 euros, comparées à un réseau sans gestion distante. Le groupe indique que son segment Water Networks, basé en France et opérant dans 7 pays, est positionné comme acteur européen leader intégré capable de déployer rapidement des solutions adaptées à chaque marché.