L'action ArcelorMittal cède 2 % mais garde +125 % sur un an
Le sidérurgiste perd du terrain ce jeudi dans un marché parisien globalement prudent, alors que le Brent franchit 104 dollars le baril et que la BCE annonce une hausse de taux. Le repli ramène le titre à quelques euros de sa résistance, dans une configuration technique qui reste structurellement positive sur les grands horizons.
Une pression vendeuse qui laisse les moyennes mobiles longues loin en dessous
ArcelorMittal cède 2,02 % en séance, à 65,08 €, dans un CAC 40 qui recule légèrement (-0,32 %). Ce repli place le titre parmi les plus fortes baisses de l'indice parisien, dans une séance marquée par un spike de volatilité : le VIX progresse de plus de 12 % sur la journée, signalant une nervosité inhabituelle. Malgré ce fléchissement, la configuration de fond reste solide. Le cours se tient au-dessus de sa MM20 à 64,06 € (écart de +1,59 %), ce qui limite le recul du jour à une simple friction, sans franchissement de seuil.
Sur des horizons plus longs, l'avance sur les moyennes mobiles est marquée : la MM50 est à 61,00 € (écart de +6,69 %), le cours se situant au-dessus, et la MM200 à 51,65 €, soit un écart de 26 % — une assise qui reflète l'ampleur du rallye entamé depuis plusieurs mois. Le RSI à 64 reste en zone neutre-haussière, sans signal de surachat extrême, alors que le MACD est positif avec un histogramme à 0,24, ce qui traduit une dynamique encore orientée à la hausse sur la durée. Le seuil de résistance à 67,54 €, atteint début septembre lors de la séquence de records à cinq ans, reste la prochaine référence graphique en cas de reprise.
Un contexte macro et sectoriel pesant : Brent à 104 $ et hausse de taux de la BCE
La toile de fond du jour pèse sur les valeurs cycliques comme le sidérurgiste luxembourgeois. Le Brent a franchi 104,91 $/baril en séance (+3,66 % sur la journée, +15,8 % depuis fin août), dans un contexte de tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz qui ont fait chuter les flux pétroliers depuis le début du conflit. Cette flambée de l'énergie est l'une des raisons pour lesquelles la BCE, réunie ce jeudi 10 septembre, est attendue pour remonter son taux de dépôt de 25 points de base, à 2,50 %, après un rebond de l'inflation de la zone euro à 3,3 % en août, tiré par l'énergie. Ce durcissement des conditions financières pèse mécaniquement sur les secteurs industriels à forte intensité capitalistique.
Pour ArcelorMittal, dont la guidance publiée lors des résultats du T1 2026 (publiés le 30 avril 2026) tablait sur une croissance des productions et des expéditions sur l'ensemble de l'exercice, la hausse des coûts de l'énergie constitue un facteur de pression sur les marges à surveiller. Le titre affiche toutefois +15,39 % sur trois mois et +125,1 % sur un an, ce qui illustre la vigueur du rebond structurel. Le support à 57,78 € reste loin en dessous des cours actuels.