L'action LVMH tombe à un plus bas depuis 2020, -13 % sur un mois
Le titre du groupe de luxe enfonce ce mercredi un nouveau plancher inédit depuis 2020, prolongeant une série de records baissiers qui s'accumulent depuis début septembre. Deux avis d'analystes publiés aujourd'hui même offrent pourtant des objectifs de cours nettement au-dessus des niveaux actuels, dans un CAC 40 qui recule sensiblement.
Un nouveau plus bas de 6 ans alors que le CAC 40 accuse un repli de près de 2 %
LVMH perd 2,97 % à 413,90 € en séance, après avoir touché 413,70 € en cours de journée, son niveau le plus faible depuis 2020 (l'ancien plancher à 414,10 € datait de la période pandémique). La chute s'inscrit dans un mouvement plus large : le titre cède près de 7 % sur la semaine et plus de 13 % sur le mois, dans un marché parisien en repli de 1,84 % en séance. Le CAC 40 évolue lui-même dans un environnement difficile, avec la tension sur les taux longs (le Bund 10 ans flirte avec ses plus hauts depuis 15 ans) et la flambée du pétrole, le Brent ayant dépassé 97 dollars le baril après des attaques sur des installations saoudiennes.
Ces deux facteurs de contexte pèsent sur la valorisation des valeurs de croissance et de luxe exposées à la demande mondiale. LVMH reste plus particulièrement exposé au marché chinois, où les ventes de bijouterie reculent de 10,1 % en cumul annuel selon les données officielles de juillet 2026, tandis que les exportations horlogères suisses vers la Chine chutent de 18,5 % sur un an, illustrant le ralentissement de la demande de luxe en Asie.
Les trois moyennes mobiles enfoncées, deux avis d'analystes publiés ce jour
Sur le plan des indicateurs, le titre évolue en dessous de ses trois moyennes mobiles : la MM20 à 450,05 €, la MM50 à 469,74 € et la MM200 à 515,47 €, soit des écarts respectifs de -8 %, -11,9 % et -19,7 %. Le RSI à 34 approche la zone de survente sans l'avoir franchie, signalant un épuisement vendeur mais sans signal de retournement à ce stade. Malgré ce contexte technique dégradé, deux révisions d'analystes ont été publiées ce mercredi. HSBC abaisse son avis de « acheter » à « conserver » tout en fixant un objectif de 490 €, soit un écart de près de 18 % au-dessus du cours actuel.
Grupo Santander relève pour sa part son opinion à « surperformance » et remonte son objectif de 442 € à 500 €, ce qui représente un potentiel de hausse de plus de 20 % par rapport au cours de la séance. Ces deux révisions reflètent une lecture divergente entre la dégradation technique en cours et les niveaux de valorisation jugés attractifs par rapport aux fondamentaux : lors de la publication du S1 2026 le 27 juillet, le groupe avait mis en avant l'accélération de la croissance au deuxième trimestre, le succès des flagships Louis Vuitton de Pékin et Séoul, ainsi que les risques liés à l'effet de change négatif de -5 % et au contexte géopolitique perturbé. La résistance la plus proche reste à 486,90 €, au-delà de laquelle le titre retrouverait un terrain plus neutre.