L'action MEDINCELL recule de 9,8% face aux déceptions commerciales d'Uzedy au troisième trimestre
Le recul s'accélère jeudi pour le titre MEDINCELL. La biotech française encaisse un deuxième jour de baisse conséquente, consécutif à l'annonce mercredi des résultats de ventes d'Uzedy, son principal produit commercialisé aux États-Unis via son partenaire Teva Pharmaceuticals. Les chiffres du troisième trimestre ont déçu le marché malgré une croissance annuelle toujours robuste.
Cotée à 32,04 euros en mi-journée jeudi, l'action abandonne 9,8% par rapport à la clôture précédente, établie à 35,52 euros. Ce repli, qui succède à une baisse de plus de 5% enregistrée mercredi, ramène la valeur à l'un de ses niveaux les plus bas des dernières semaines. Seules 0,66% des actions ont été échangées sur la séance, traduisant une intensité d'échanges modérée, ce qui souligne la vivacité de la vente malgré un carnet de transactions limité. Le décalage est saisissant : sur trois mois, l'action affiche toujours une progression de 104,1%, tandis que sur un an, le gain atteint 109,4%. Le CAC 40, comparativement, ne cède que 0,53% dans la même journée. Cette correction intervient donc sur fond de prise de bénéfices après une envolée remarquable, que le marché semble vouloir corriger sous le poids des nouvelles décevantes venues d'Outre-Atlantique. La performance long terme contraste fortement avec la tendance immédiate : les trois derniers mois ont vu MEDINCELL surperformer l'indice phare, mais la dernière semaine accuse un repli de 12,03%, signalant un revirement brutal de sentiment.
Teva Pharmaceuticals, qui commercialise Uzedy aux États-Unis depuis mai 2023, a dévoilé mercredi les ventes du troisième trimestre du produit, injection sous-cutanée de rispéridone pour le traitement de la schizophrénie. Les ventes se sont établies à 43 millions de dollars, en hausse de 24% sur un an par rapport au troisième trimestre 2024. Sur l'ensemble des neuf premiers mois de 2025, le produit a généré 136 millions de dollars, une progression de 82% en rythme annuel. Seulement, le marché s'est concentré sur la dynamique séquentielle : la comparaison trimestrielle révèle un recul de 20,37% entre le deuxième trimestre, où Uzedy avait atteint 54 millions de dollars, et le troisième. Cette contraction a suffisamment troublé les opérateurs pour déclencher la vente malgré la croissance annuelle soutenue. Les analystes imputent ce fléchissement à un ajustement ponctuel lié aux remises Medicaid, phénomène temporaire selon les commentaires reçus. Teva a réaffirmé ses prévisions de 190 à 200 millions de dollars de ventes pour l'ensemble de 2025, ce qui implique une guidance de 54 à 64 millions pour le quatrième trimestre, suggérant une reprise. Selon les observateurs, le quatrième trimestre bénéficie traditionnellement d'une saisonnalité favorable, ce qui pourrait permettre au laboratoire d'atteindre au moins le haut de sa fourchette. Les recommandations des analystes demeurent globalement constructives : Jefferies maintient un avis d'achat avec un objectif à 50 euros, tandis que Portzamparc préconise également l'achat à 36,10 euros. Néanmoins, TP Icap a dégradé la valeur de l'achat au maintien, établissant son objectif à 32 euros.
Sur le plan technique, le RSI à 57 indique une position proche de l'équilibre, sans survendu marqué. Le MACD affiche une ligne à 2,84 euros contre un signal à 3,10, dégageant un histogramme légèrement négatif de −0,26, qui signale une dynamique baissière naissante. La volatilité sur un mois s'établit à 23,36%, reflétant des oscillations continues. L'action evolue à proximité de sa moyenne mobile 50 jours (26,55 euros) et bien au-dessus de sa moyenne 200 jours (18,22 euros), conservant une structure techniquement haussière de long terme. Le support majeur se situe à 22,26 euros, tandis que la résistance clé demeure fixée à 38,46 euros.