L'action Mercialys tombe à son plus bas depuis trois ans, à 9,41 €
La foncière de centres commerciaux Mercialys s'enfonce ce vendredi dans le rouge, alors que Kempen vient de revoir radicalement son opinion sur la valeur. Le titre figure parmi les plus fortes baisses du SBF 120, dans un marché parisien qui résiste mieux que lui, sur fond de tensions persistantes sur la dette française.
Un plus bas depuis trois ans enfoncé et un RSI qui signale une survente extrême
En milieu de matinée, Mercialys cède 2,07 % à 9,44 €, après avoir touché 9,41 € en séance, un niveau inédit depuis trois ans qui efface l'ancien plancher de 2023 fixé à 9,42 €. Le repli s'inscrit dans une glissade qui porte la perte à près de 15 % sur un mois et à plus de 18 % sur trois mois. Le RSI tombe à 17, territoire de survente extrême rarement atteint, déjà signalé mi-septembre lors du rebond du titre avant que la glissade reprenne.
Le cours se trouve également très en dessous de ses trois moyennes mobiles : la MM20 à 10,40 €, soit un écart de 9,23 %, et la MM50 à 11,13 € (écart de 15,18 %). La résistance à 11,46 € coïncide avec la MM200, soit plus de 17 % au-dessus du cours actuel. Les foncières cotées restent parmi les valeurs les plus sensibles aux tensions sur les taux longs français, avec l'OAT 10 ans à 4,90 % au 1er octobre, au plus haut de la série depuis 2002, ce qui comprime mécaniquement les valorisations du secteur immobilier.
Kempen coupe son objectif de 14 € à 9,50 € et passe de l'achat au neutre
Le catalyseur immédiat de la séance est sans ambiguïté : Kempen a abaissé son avis sur Mercialys de « acheter » à « neutre » ce vendredi, en ramenant son objectif de cours de 14,00 € à 9,50 €, soit une révision à la baisse de 32 %. La nouvelle cible ne laisse plus qu'un potentiel de hausse d'à peine 0,6 % par rapport au cours actuel, ce qui traduit un changement de perspective majeur de la part du bureau d'analyse. Sur le plan fondamental, la foncière avait pourtant relevé ses objectifs annuels lors de la publication des résultats du premier semestre 2026 le 28 juillet, en mettant en avant une réversion positive de 2,3 % et la réussite du repositionnement Shop•Park.
Mais l'environnement de taux pèse sur l'ensemble de la classe d'actifs : avec un ratio d'endettement à 41,9 % du patrimoine et une indexation des loyers quasi nulle (à peine +0,1 %), la capacité de résistance de la foncière reste limitée face à la remontée du coût de financement. Selon le consensus des analystes recensés, le titre se traite à environ 7,2 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours, un multiple historiquement bas qui reflète la défiance persistante du marché à l'égard du secteur dans ce contexte de taux élevés.