Stellantis met trois usines françaises à l’arrêt temporaire en octobre
Même décision, mais pas le même problème. Stellantis va suspendre temporairement la production de ses usines de Sochaux, Rennes et Mulhouse en octobre. À Sochaux et Rennes, le constructeur manque de certaines batteries alors que la demande pour les versions électriques à grande autonomie est forte. À Mulhouse, c’est au contraire la demande qui pèse, sur fond de fin de cycle des Peugeot 308 et 408.
À Sochaux et Rennes, l’électrique bute sur les batteries
À première vue, sept jours de chômage partiel dans deux usines automobiles pourraient laisser penser à un carnet de commandes qui se vide. À Sochaux et Rennes, c’est pourtant l’inverse que décrit Stellantis.
Le site du Doubs, où sont assemblés les Peugeot 3008 et 5008, et celui de Rennes, qui produit le Citroën C5 Aircross, doivent interrompre leur activité pendant sept jours à la fin du mois d’octobre.
Le constructeur invoque une « disponibilité insuffisante de certaines batteries » destinées aux versions électriques à longue autonomie.
Or la demande pour ces modèles est bien présente. Stellantis indique qu’elle est forte, notamment auprès des clients professionnels, et cite en particulier le Citroën C5 Aircross High Range, actuellement en cours de déploiement commercial sur plusieurs marchés. Autrement dit, le frein se situe ici du côté de l’approvisionnement, pas des commandes.
Le groupe explique donc ajuster temporairement son programme industriel à la disponibilité des composants nécessaires.
ACC peine encore à suivre la cadence
Au centre du problème se trouve ACC, le fabricant de batteries dont Stellantis est coactionnaire et principal client. Sa gigafactory de Douvrin, dans le Nord, fournit notamment les batteries nécessaires aux versions à grande autonomie des Peugeot 3008 et 5008 et du Citroën C5 Aircross.
La montée en puissance du site reste plus lente qu’espéré. Fin 2025, Yann Vincent, alors directeur général d’ACC, confiait que la production atteignait seulement la moitié du niveau visé en début d’année.
Depuis, la société a changé de patron. Allan Swan, ancien président de Panasonic Energy en Amérique du Nord, a pris les commandes début mai.
ACC assure néanmoins que la production accélère. Un porte-parole de l’entreprise indique aux Echos que le volume produit sur le seul mois de septembre devrait être proche de celui réalisé sur l’ensemble de l’année précédente. Une progression qui ne suffit toutefois pas, à ce stade, à éviter les arrêts annoncés chez Stellantis.
À Mulhouse, le problème vient de la demande
Le diagnostic est très différent en Alsace. À Mulhouse, où sont produites les Peugeot 308 et 408, Stellantis prépare la fin de vie de certains modèles tandis que la demande faiblit. La production doit y être suspendue du 15 au 30 octobre. Puis, dès novembre, l’organisation sera allégée avec un passage de deux équipes à une équipe et demie. Jean-Paul Guy, délégué syndical central adjoint de la CFTC, ne cache pas les difficultés rencontrées par l’un des modèles du site. « La nouvelle 308 ne se vend pas bien », a-t-il déclaré aux Echos, estimant la situation plus compliquée que prévu. Cette baisse de régime intervient alors que Stellantis prévoit parallèlement un investissement sur le site de Mulhouse.
Un même arrêt, deux réalités industrielles
Ce n’est pas la première fois que Stellantis ajuste temporairement sa production. À la même période l’an dernier, six usines européennes avaient déjà été placées en chômage partiel. Rennes avait également connu un arrêt en avril, cette fois en raison de difficultés d’approvisionnement touchant les boîtes de vitesses de versions hybrides. Mais les décisions annoncées pour octobre racontent surtout deux réalités différentes au sein d’un même groupe. À Mulhouse, l’enjeu est d’adapter la production à une demande moins dynamique sur certains modèles arrivant en fin de cycle. À Sochaux et Rennes, la demande pour certaines versions électriques est au rendez-vous, mais l’outil industriel ne dispose pas encore de toutes les batteries nécessaires pour suivre le rythme.