Le titre du spécialiste français des matériaux semi-conducteurs Soitec a subi une chute spectaculaire ce jeudi 20 novembre 2025, perdant 30,09 % pour clôturer à 24,12 euros. Cette dégringolade intervient après la publication mercredi soir de résultats semestriels en forte baisse et de perspectives trimestrielles nettement inférieures aux attentes des analystes. L'action touche ainsi son plus bas niveau depuis décembre 2016 et accuse désormais une perte de 62,89 % sur un an, alors que le CAC 40 affiche dans le même temps une progression de 10,39 %. Le titre a cédé 30,09 % sur la séance, passant de 34,50 euros à l'ouverture à 24,12 euros à la clôture, dans des volumes exceptionnellement élevés représentant 6,34 % du capital échangé. Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 139 millions d'euros au deuxième trimestre fiscal 2026, en recul de 36 % sur un an, tandis que sur l'ensemble du semestre, les revenus ont reculé de 29 % en organique à 231 millions d'euros, pénalisés par la faiblesse des divisions Communications et Automobile. Sur sept jours, la dégringolade atteint 39,06 % et sur trois mois, le repli s'établit à 35,95 %. La débâcle boursière positionne Soitec comme lanterne rouge du SBF 120 dans un marché parisien pourtant en légère hausse de 0,34 %.Pour le troisième trimestre, Soitec table sur une croissance séquentielle comprise entre 5 % et 9 % par rapport au deuxième trimestre, ce qui implique des revenus attendus autour de 146 à 152 millions d'euros, bien en deçà du consensus de 168 millions d'euros. Morgan Stanley a souligné que ces prévisions se situaient « bien en dessous » de ses estimations et de celles du marché, qui tablaient respectivement sur des hausses de 32 % et 24 %. La société signale que les conditions de marché restent difficiles, avec la poursuite d'importants déstockages des clients dans les Communications mobiles et l'Automobile et Industrie. Sur le plan technique, l'effondrement place l'action dans une zone de forte survente, avec un RSI à 23, largement sous le seuil des 30 qui matérialise traditionnellement une situation de survente. L'indicateur MACD affiche une configuration baissière marquée avec une ligne à -1,56 et un histogramme négatif à -0,34, confirmant la pression vendeuse intense. Le titre évolue désormais largement sous sa moyenne mobile à 50 séances, positionnée à 38,95 euros, soit 38 % au-dessus du cours actuel, illustrant l'ampleur de la rupture technique. L'écart avec la moyenne mobile à 200 jours, établie à 45,49 euros, témoigne d'une tendance baissière structurelle qui s'est accentuée ces dernières semaines.Le flux monétaire Chaikin (CMF) ressort à -0,12, révélant une sortie nette de capitaux, tandis que l'On-Balance Volume (OBV) atteint -515 548, traduisant une distribution massive sur la valeur. Le titre retrouve des niveaux plus observés depuis fin 2016 et affiche une chute de 70 % pour l'année en cours, de 86 % depuis le double sommet inscrit à 180 euros d'août 2023 et de 89,6 % depuis le zénith historique des 243 euros du 1er décembre 2021. La volatilité sur un mois s'établit à 16,08, reflétant l'instabilité actuelle du titre. Trois positions courtes nettes représentant environ 0,57 % du capital témoignent d'une pression baissière, bien que modérée. Au premier semestre clos fin septembre, Soitec a essuyé une perte nette de 67 millions d'euros, contre un profit de 14 millions d'euros un an plus tôt, tandis que l'Ebitda a chuté de 30 % sur un an à 79 millions d'euros. Berenberg explique que la production sera nettement réduite au second semestre, entraînant un taux d'utilisation des usines significativement plus faible, ce qui aura un impact important sur la marge brute compte tenu de la forte proportion de coûts fixes dans le modèle opérationnel de Soitec. Le groupe subit une demande en berne du côté de l'automobile, industrie très consommatrice de puces, ainsi qu'à la faiblesse du marché des smartphones. Soitec ne communique plus de perspectives annuelles depuis le mois de mai et se borne désormais à formuler des objectifs trimestre par trimestre. Morgan Stanley a maintenu une recommandation neutre sur l'action après ces annonces qui marquent un nouveau tournant difficile pour le fabricant grenoblois de substrats innovants.