Le CAC 40 s'envole de près de 2%, portée par la détente au Moyen-Orient
Le CAC 40 reprend 1,86% à 8 353,49 points, dans un marché euphorique où 33 valeurs progressent contre seulement 6 qui reculent. La détente brutale du VIX, qui plonge de plus de 15% à 18,84, illustre le soulagement qui traverse les places mondiales après les signaux d'apaisement géopolitique entrevus dans la nuit.
Une séance de rebond généralisé sur fond de détente géopolitique
L'ambiance est nettement risk-on à Paris en ce début d'après-midi. Le rebond du CAC 40 s'inscrit dans un mouvement coordonné des grandes places : le DAX gagne 1,72%, le STOXX 600 progresse de 1,63%, tandis que le Footsie britannique avance de 1,25%. Outre-Atlantique, les contrats à terme préfigurent une ouverture franchement haussière, dans le sillage d'un Nasdaq attendu en hausse de 2,54% et d'un S&P 500 à +1,75%. La nuit asiatique a donné le ton, avec un Nikkei en hausse de 2,81% et un Hang Seng à +1,93%.
Le contexte immédiat est marqué par les signaux d'apaisement entre Washington et Téhéran évoqués dans la nuit, qui ont entraîné un reflux du Brent autour des 87 dollars le baril après plusieurs séances de tension extrême liées au détroit d'Ormuz. Ce relâchement de la prime de risque géopolitique se traduit par un effondrement de la volatilité implicite et un retour massif des acheteurs sur les actifs cycliques européens, dans un marché où la dispersion est extraordinairement faible : seuls six titres du CAC 40 évoluent en territoire négatif.
Banques, luxe et industrie en pointe
Le palmarès des hausses illustre parfaitement la rotation vers les valeurs cycliques et sensibles à la conjoncture européenne. Société Générale domine le tableau avec un bond de 6,03% à 73,32 euros, dans le sillage de l'annonce d'un partenariat avec Ardian : la banque investit 100 millions d'euros dans le fonds Averrhoa NBS dédié aux solutions fondées sur la nature, dont elle devient également conseiller financier.
Stellantis suit de près avec une progression de 5,84% à 6,13 euros, malgré l'annonce d'un rappel mondial portant sur 1,3 million de Jeep Wrangler et Gladiator pour un risque d'incendie lié à la pompe de direction assistée. Le constructeur a fait état de 51 incidents et d'un blessé, dans le cadre d'une enquête ouverte par la NHTSA en septembre 2024.
Le luxe rejoint la fête avec Kering en hausse de 5,61% à 273,75 euros, tandis que l'hôtellerie est représentée par Accor, qui s'octroie 5,50% à 47,34 euros. La sidérurgie n'est pas en reste : ArcelorMittal progresse de 5,38% à 60,32 euros, dans une configuration typique de retour de l'appétit pour les valeurs industrielles cycliques.
TotalEnergies à contre-courant, défense et technologie en repli
Du côté des rares baisses, les secteurs pétrolier et de la défense sont particulièrement impactés. TotalEnergies ferme la marche du CAC 40 avec un recul de 3,69% à 75,12 euros, la major pétrolière subissant directement la correction du Brent après plusieurs séances dopées par la prime de risque géopolitique.
Thales abandonne 0,71% à 236,10 euros, alors que le groupe a annoncé avec MBDA, via leur coentreprise Eurosam, le développement d'une version multicouche du système sol-air SAMP/T NG commandée par la France en coopération avec l'Italie. Engie complète ce petit groupe avec un repli de 0,58% à 27,25 euros, parachevant un tableau où l'énergie et la défense paient leur statut de refuges des séances précédentes.
Dassault Systèmes cède 2,55% à 17,74 euros, l'éditeur participant ce vendredi au lancement par la Software République d'une nouvelle plateforme baptisée cleveR insights, dédiée à l'intelligence territoriale pour les collectivités. Orange recule plus modestement de 1,04% à 17,58 euros, dans une rotation classique au détriment des valeurs défensives en séance d'appétit pour le risque.