North Atlantic Energies : EBITDA ajusté à 178 M€ au premier semestre, mais une perte nette de 30 M€
North Atlantic Energies a publié le 28 septembre 2026 ses comptes du premier semestre 2026, marqués par une amélioration de sa performance opérationnelle et un environnement de marge de raffinage nettement plus favorable.
Le groupe affiche pourtant une perte nette de 30 M€, sous l'effet de charges financières liées à son modèle de raffineur indépendant et au financement de ses stocks dans un marché pétrolier tendu.
EBITDA ajusté de 178 M€ malgré une baisse des volumes
Sur les six premiers mois de 2026, l'EBITDA ajusté du groupe s'établit à 178 M€, contre 82 M€ au premier semestre 2025, soit une hausse de 96 M€. Le résultat opérationnel ressort en profit de 214 M€, après des effets stocks positifs de 148 M€, alors qu'il affichait une perte de 158 M€ un an plus tôt.
Cette amélioration reflète un environnement de raffinage plus porteur : l'indicateur de marge brute de raffinage publié par la Direction Générale de l'Énergie et du Climat s'est établi en moyenne à 104 € par tonne au premier semestre 2026, contre 41 € par tonne un an plus tôt. Le prix moyen du baril de Brent est passé de 71,9 $ à 91,7 $ sur la même comparaison.
Le chiffre d'affaires atteint 5,9 milliards d'euros, en hausse de 0,7 % par rapport au premier semestre 2025, la hausse des cours compensant la baisse des volumes. Les ventes de produits raffinés reculent de 6 % à 7,2 millions de m³, et les ventes en France baissent de 21,4 %, dans un marché national en repli de 5,3 % sur les cinq premiers mois de l'année selon le Comité Professionnel du Pétrole.
Charges financières de portage pénalisantes pour le résultat net
Le résultat net part du groupe ressort en perte de 30 M€, contre une perte de 85 M€ au premier semestre 2025. Cette perte s'explique par un résultat financier négatif de 267 M€, alors qu'il était positif de 39 M€ un an plus tôt.
En tant que raffineur indépendant non intégré, le groupe supporte des coûts liés au financement et à la couverture de ses stocks via un contrat de portage des inventaires. Ce résultat financier comprend 119 M€ de frais financiers liés au portage des inventaires et une charge de 181 M€ pour réévaluation à la juste valeur du contrat de portage, reflétant la hausse des cours entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026. La société précise que cette charge de 181 M€ est à mettre en regard de l'effet stock positif de 148 M€ observé sur le semestre.
Le groupe a par ailleurs procédé à une dépréciation d'actifs de 77 M€ en application de la norme IAS 36, liée principalement à la révision à la hausse des hypothèses de prix du baril à long terme, portées à 75 dollars. Au 30 juin 2026, les capitaux propres s'élèvent à 724 M€ (746 M€ au 31 décembre 2025) et l'endettement financier net atteint 690 M€ (623 M€ au 31 décembre 2025).
Hausse de production autorisée et projet d'offre publique d'achat simplifiée
Le groupe a traité 4,8 millions de tonnes de pétrole brut dans sa raffinerie de Gravenchon, en hausse de 28 % par rapport au premier semestre 2025, malgré un grand arrêt de maintenance programmé avec des arrêts d'unités à compter du 3 mars et un redémarrage progressif à partir du 11 avril 2026. La société indique avoir obtenu des autorités l'autorisation d'augmenter de 10 % la production de gazole et de kérosène de la raffinerie afin de contribuer à la sécurité d'approvisionnement du marché national.
Sur le plan capitalistique, North Atlantic France, qui a acquis en 2025 auprès d'ExxonMobil France Holding SAS 82,89 % du capital et des droits de vote, a indiqué qu'elle entendait déposer un projet d'offre publique d'achat simplifiée sur les actions restantes, sans solliciter la mise en œuvre d'un retrait obligatoire. Le conseil d'administration a désigné Ledouble SAS comme expert indépendant chargé d'émettre un avis sur l'équité des conditions financières de l'offre ; ses travaux sont toujours en cours.