Le CAC 40 piétine, la Société Générale s'envole
Le CAC 40 grappille 0,08 % à 8 088,01 points, dans une séance sans réelle tendance. Sous cette apparente stabilité, les écarts sont marqués : les banques et la sidérurgie tirent la cote quand la défense et l'énergie reculent, dans un climat mondial dominé par la remontée du brut après une attaque de missiles contre l'Arabie saoudite.
Une séance dispersée sous influence géopolitique
L'indice parisien avance à petits pas, calé sur ses repères de la veille. Le décor est marqué par la flambée du pétrole : le Brent a bondi d'environ 3,4 % jeudi pour clôturer à 106,60 dollars, après une attaque de missiles balistiques menée par les Houthis du Yémen contre les régions saoudiennes de Taïf et Yanbu. Le détroit d'Ormuz reste au cœur des inquiétudes, tandis que des négociateurs américains et iraniens explorent à New York une désescalade progressive.
À cela s'ajoute un contexte monétaire ferme : le dollar campe à un plus haut de deux mois après des indicateurs américains robustes, l'euro glissant vers 1,1378 dollar. En Europe, l'ambiance reste mieux orientée qu'à Paris. À la mi-journée, le DAX progresse de 0,66 %, le STOXX 600 de 0,55 % et le FTSE 100 de 0,22 %. Aux États-Unis, la veille, le S&P 500 avait terminé quasi stable (-0,02 %) et le Dow Jones cédé 0,31 % à la clôture de jeudi soir à Wall Street.
Banques, acier et OPA en vedette
En tête du CAC 40, la Société Générale s'envole de 3,96 % à 72,64 euros, portée par un jeu d'avis contrastés : KBW confirme sa position de surperformance tout en ramenant son objectif à 80 euros, quand Alphavalue passe à « réduire ».
La sidérurgie suit avec ArcelorMittal, en hausse de 2,10 % à 63,30 euros. Le groupe a pourtant annoncé qu'il ne pouvait redémarrer son usine de Kryvyi Rih en Ukraine après une série de frappes de missiles, avec à la clé une dépréciation d'environ un milliard de dollars.
STMicroelectronics gagne 1,80 % à 45,69 euros et Accor 1,64 % à 45,96 euros. Schneider Electric avance de 1,50 % à 294,15 euros, au lendemain de l'annonce d'une offre publique d'achat sur Shelly Group, société bulgare valorisée 1,2 milliard d'euros.
Défense et énergie en repli
À l'opposé, la défense pèse sur l'indice. Airbus lâche 2,57 % à 189,38 euros, plus forte baisse du jour, malgré l'attribution par la Direction générale de l'armement du contrat Paracom sur vingt-cinq ans. Thales suit, en recul de 1,51 % à 228,70 euros.
Le pétrole ne profite pas à TotalEnergies, qui cède 1,70 % à 79,67 euros, alors même que HSBC relève son conseil à « acheter » avec un objectif porté à 93 euros. Le groupe a pris, avec son partenaire nigérian AMNI, la décision finale d'investissement pour le développement du champ gazier d'Ima, dont la production est attendue en 2028.
La pharmacie recule aussi, avec Sanofi en baisse de 1,17 % à 71,26 euros, après un appel lancé par le groupe et huit autres géants du secteur pour restaurer la compétitivité pharmaceutique européenne. Pernod Ricard cède 0,70 %. Au total, la cote reste largement portée à la hausse, avec 27 valeurs en progression contre 12 en repli et une stable.