Dette française : le spread OAT/Bund reste proche de ses plus hauts depuis 2012
L'écart de taux entre la France et l'Allemagne reste au-dessus du seuil symbolique des 100 points de base, après l'avoir franchi le 18 septembre pour la première fois depuis 14 ans. Sur la base des dernières données disponibles, l'OAT française à 10 ans ressort à 4,477 %, contre 3,46 % pour le Bund allemand, soit un spread de 101,7 points de base. Cette tension intervient dans un contexte de préoccupations persistantes concernant les finances publiques françaises.
OAT à 4,477 % : le spread reste supérieur à 100 points de base
Sur la base des données du 23 septembre, le taux de l'OAT française à 10 ans s'établit à 4,477 %, contre environ 3,46 % pour le Bund allemand de même maturité. Le spread OAT/Bund ressort ainsi à 101,7 points de base, en légère détente de 0,3 point de base par rapport aux 102,0 points de base observés le 22 septembre. La tension s'est nettement accentuée depuis la mi-août. Le seuil des 100 points de base a été franchi le 18 septembre pour la première fois depuis 2012, selon Reuters. Le spread est ensuite repassé temporairement sous ce niveau avant de revenir à 102,0 points de base le 22 septembre puis à 101,7 points de base le 23 septembre. Cette évolution traduit une hausse sensible de la prime de risque relative attachée à la dette souveraine française par rapport à la dette allemande.
Les finances publiques françaises restent au centre des préoccupations
Le spread OAT/Bund mesure l'écart entre les rendements des obligations souveraines françaises et allemandes de même maturité. Son élargissement signifie que les investisseurs exigent un rendement supplémentaire plus important pour détenir de la dette française plutôt que du Bund allemand, généralement considéré comme la référence souveraine de la zone euro.
Le mouvement récent intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la trajectoire budgétaire française. Dans ses prévisions publiées en mai 2026, la Commission européenne anticipait un déficit public français de 5,1 % du PIB en 2026 et une dette publique atteignant 118,1 % du PIB.
Les inquiétudes budgétaires et politiques françaises ont également été citées par Reuters parmi les facteurs ayant contribué à l'élargissement récent du spread.
Le niveau actuel demeure inférieur aux pics observés pendant la crise des dettes souveraines européennes de 2011, mais le retour du spread autour de 100 points de base constitue un changement notable par rapport aux niveaux observés quelques semaines auparavant. Les fluctuations récentes montrent toutefois que le mouvement n'est pas linéaire : des phases de détente ont alterné avec de nouvelles poussées du différentiel franco-allemand.