PFAS : Séché Environnement valide ses incinérateurs et teste l'électro-oxydation
Dans un entretien publié le 5 novembre 2026, Marc Henry, directeur du centre de recherche et développement du groupe à Saint-Vulbas (Ain), a décrit une démarche en deux temps. Le groupe a d'abord vérifié la destruction de ces molécules dans ses propres incinérateurs. Il met désormais au point des procédés destinés aux eaux et aux terres polluées.
Après la validation des incinérateurs, des procédés pour les eaux et les terres
Le groupe a commencé par vérifier ses propres installations avant d'ouvrir ces filières à ses clients. La méthodologie retenue est validée par le Programme des Nations unies pour le développement : une molécule connue est injectée dans un four en fonctionnement normal, puis suivie dans les fumées, les eaux et les mâchefers afin de calculer un taux de destruction thermique.
Avec un taux de 99,99 %, Séché Environnement indique avoir validé la fiabilité de toutes ses installations d'incinération de déchets dangereux. Le groupe précise s'être également adapté à l'évolution des techniques d'analyse à la cheminée, qui permettent désormais de détecter des PFAS de très petite taille.
Pour les eaux, la première étape consiste à concentrer la pollution afin de réduire les volumes à traiter, et donc les coûts. Une thèse CIFRE menée avec le laboratoire M2P2 d'Aix-Marseille Université a permis de tester la nanofiltration, l'ultrafiltration et l'osmose inverse, puis de comparer plusieurs procédés de destruction du concentrat.
L'ozonation et la sonolyse « n'ont pas donné satisfaction », tandis que l'électro-oxydation a obtenu les meilleurs résultats. Testé avec une équipe universitaire toulousaine, ce procédé a atteint des rendements d'abattement d'environ 98 % sur des eaux propres dopées en PFAS, dont le TFA, présenté comme l'un des plus difficiles à détruire.
Un bilan sur le fluor et le carbone, constituants de base des PFAS, vise à écarter l'hypothèse d'une recombinaison en d'autres molécules de la même famille. Le groupe cherche désormais à optimiser ce procédé pour proposer des solutions compétitives.
Pour les terres, plusieurs pistes sont explorées : le lavage, qui fait passer les PFAS dans l'eau, et des réactifs à base d'argile destinés à les piéger dans la matrice terreuse. La désorption thermique est présentée comme la piste la plus avancée : en laboratoire, un chauffage des terres à environ 400 °C a permis d'en extraire les PFAS.
Une nouvelle thèse CIFRE vient de démarrer pour améliorer ce procédé, en modélisant les échanges thermiques dans les massifs de terre polluée. Elle porte aussi sur la possibilité de remplacer le gaz naturel par l'électricité comme source d'énergie, afin de réduire l'empreinte carbone.
Une unité mobile enrichie et un cadre réglementaire en évolution
Le groupe se présente comme un intégrateur de procédés. Il s'est récemment rapproché d'une start-up lyonnaise spécialisée dans l'électro-oxydation pour compléter son unité pilote mobile « Reuse and PFAS », un conteneur transportable mis à la disposition des clients de STEI, sa filiale de traitement des eaux industrielles.
Ce conteneur regroupe les technologies disponibles pour déterminer le traitement adapté à chaque type d'eau. Pour les start-up, l'intérêt avancé est de montrer que leur technologie fonctionne sur le terrain, sur de vrais gisements de déchets dangereux.
Sur le plan réglementaire, Marc Henry relève que les arrêtés préfectoraux des installations industrielles ne fixent souvent pas de limites spécifiques, mais que les textes évoluent vite : obligation de mesure de certains PFAS dans les rejets aqueux, puis dans les rejets atmosphériques, et dispositions propres aux installations traitant des déchets liquides susceptibles d'en contenir.
« Nous ne savons pas aujourd'hui comment évolueront les seuils ni les molécules concernées », a-t-il déclaré. Le groupe indique mettre au point dès maintenant des technologies « performantes, scientifiquement validées et économiquement viables » pour les industriels, les collectivités et les gestionnaires de sites pollués appelés à se conformer aux nouvelles normes.