Ramsay Santé : chiffre d'affaires en hausse de 3,1 %, la perte nette se réduit
Ramsay Santé a publié jeudi des résultats de neuf mois marqués par une progression du chiffre d'affaires de 3,1 % à 4,0 milliards d'euros et une amélioration de l'EBITDA de 4,4 % à 460 millions d'euros, portées par des gains de productivité et la contribution du nouveau contrat suédois de St Göran. Cependant, le groupe reste en perte nette de 27,9 millions d'euros, bien que cette dernière se soit contractée de 26,3 millions d'euros par rapport à la même période de l'année précédente. Le sous-financement public français face à l'inflation des coûts demeure un enjeu structurel majeur pour le leader hospitalier européen.
Une croissance organique modérée soutenue par la Suède et les gains opérationnels
Le chiffre d'affaires consolidé de Ramsay Santé atteint 3,981 milliards d'euros sur neuf mois, en hausse de 118 millions d'euros. En excluant les variations de change et de périmètre, la croissance organique ressort à 1,9 %, reflet d'une progression mesurée. La France, qui représente environ 68 % des revenus, progresse de 1,5 %, portée par une hausse des admissions de 1,7 % en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), partiellement contrebalancée par un effet prix très limité (hausse tarifaire de 0,5 % en mars 2025, tarifs inchangés en janvier 2026) et un effet mix négatif lié à la croissance des soins ambulatoires au détriment des séjours complets. Les pays nordiques affichent une dynamique plus robuste, avec une hausse du chiffre d'affaires de 6,6 % en données publiées, dont 46 millions d'euros d'effet de change favorable (appréciation de la couronne suédoise). En organique, la croissance s'établit à 2,6 %, soutenue par la Suède notamment via la contribution du nouveau contrat St Göran depuis janvier 2026 à des conditions tarifaires améliorées, l'expansion des soins primaires et la montée en puissance de la maternité du site. Le groupe a installé 10 nouveaux équipements d'imagerie en neuf mois et ouvert 3 nouveaux centres de santé mentale de jour en France.
L'EBITDA progresse, compensant l'arrêt de la garantie de financement français
L'EBITDA du groupe augmente de 19,4 millions d'euros à 460,4 millions d'euros (marge de 11,6 % du chiffre d'affaires, contre 11,4 % un an auparavant), malgré un contexte difficile. Cette amélioration est directement liée aux efforts de productivité et de contrôle des coûts déployés dans toutes les géographies, qui ont compensé plusieurs freins : l'arrêt de la garantie de financement en France (manque à gagner de 19 millions d'euros), l'impact de la grève de trois jours des médecins français en janvier 2026, et surtout le sous-financement public face à l'inflation des coûts de personnel et de consommables. Au seul trimestre (T3), l'EBITDA bondit de 12,3 % à 176 millions d'euros, reflétant l'accélération des plans de performance et l'effet de la suppression du coefficient CICE, désormais intégré dans la base tarifaire (+9 millions d'euros). Le résultat opérationnel courant progresse de 16,0 % à 134 millions d'euros, tandis que le coût net de la dette diminue de 9,6 millions d'euros à 137,8 millions d'euros, bénéficiant du refinancement d'août 2024 et février 2025 qui a réduit la marge sur la dette.
La perte nette s'atténue mais le levier de dette s'améliore lentement
La perte nette part du groupe se réduit à 27,9 millions d'euros, soit une amélioration de 26,3 millions d'euros (48,5 % de progression) par rapport à la perte de 54,2 millions d'euros enregistrée un an auparavant. Cette amélioration reflète à la fois la performance opérationnelle accrue et l'allègement du coût de financement. Les flux de trésorerie nets générés par l'activité augmentent de 13 millions d'euros à 294,9 millions d'euros, portés par l'expansion de l'EBITDA. La dette financière nette s'établit à 3,723 milliards d'euros (IFRS 16 publié) ou 1,808 milliard d'euros en données retraitées (pré-IFRS 16). Le ratio d'endettement net retraité s'améliore à 5,1x contre 5,7x en mars 2025, signalant une meilleure trajectoire de désendettement. La trésorerie et équivalents atteignent 216,2 millions d'euros à fin mars 2026.