Rexel accélère au T2 (+6,7 %) et relève ses objectifs 2026
Rexel a publié un premier semestre 2026 marqué par une croissance qui s'accélère. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre progresse de 6,7 % à jours constants, contre +5,1 % sur l'ensemble du semestre, avec un retour aux volumes positifs dans toutes les régions — une première depuis le deuxième trimestre 2023.
L'Europe, qui stagnait au premier trimestre (+0,6 %), repasse à +4,4 %, tandis que les prix de vente s'orientent à la hausse dans les trois zones géographiques.
La marge d'EBITA courant ajusté atteint 6,2 %, en progression de 28 points de base par rapport aux 5,8 % comparable du premier semestre 2025.
Fort de cette dynamique et d'un carnet de commandes record, le groupe relève ses perspectives annuelles : croissance d'environ 5 % à jours constants (contre une fourchette de 3 à 5 % auparavant) et marge d'EBITA courant ajusté d'au moins 6,2 %, là où la cible était formulée « environ 6,2 % ».
La conversion du free cash-flow reste attendue au-dessus de 65 %. Le point de vigilance ne porte donc pas sur la trajectoire de court terme, mais sur l'écart qui subsiste entre le niveau de rentabilité actuel et l'ambition moyen terme de plus de 7 % affichée dans le plan Axelerate 2028.
Croissance accélérée au T2, volumes enfin positifs dans toutes les régions
Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre atteint 5 252 M€, en hausse de 6,7 % à jours constants, contre +5,1 % sur l'ensemble du semestre. Cette accélération séquentielle repose sur un retour aux volumes positifs dans l'ensemble des régions, avec une contribution de +3,1 % au trimestre.
En Europe, où les ventes stagnaient au premier trimestre (+0,6 %), la croissance accélère à +4,4 %, tirée par les solutions de transition énergétique — solaire, génie climatique et bornes de recharge — qui représentent 22 % des ventes de la zone et progressent d'environ 15 %.
La France gagne 6,3 %, le Benelux 7,6 %, la région DACH 2,6 %, tandis que le Royaume-Uni et l'Irlande reculent de 3,8 %, seul ensemble géographique en repli.
En Amérique du Nord, la croissance s'établit à +7,8 %, portée par le non-résidentiel et les automatismes industriels. Aux États-Unis, les data centers, qui pèsent 9 % des ventes, progressent de plus de 100 % sur le trimestre et les automatismes industriels de 15 %.
L'Asie-Pacifique enregistre une hausse de 17,0 %, soutenue par l'Australie (+22,0 %) et l'Inde (+31,4 %). Cette amélioration des volumes s'accompagne d'une hausse des prix de vente dans les trois zones, avec une contribution de +2,2 % pour les câbles et de +1,4 % pour les produits hors-câbles.
En Europe, les prix des produits hors câbles sont revenus dans une fourchette de 1 % à 2 % après plus de deux ans de pression. Pour la première fois depuis le deuxième trimestre 2023, toutes les régions affichent des volumes positifs.
Marge d'EBITA ajusté en hausse de 40 points de base, portée par les volumes et la productivité
La marge d'EBITA courant ajusté ressort à 6,2 % au premier semestre 2026, en progression d'environ 40 points de base par rapport aux 5,8 % publiés un an plus tôt. En données comparables, la progression s'établit à 28 points de base.
La décomposition fournie par le groupe fait apparaître quatre contributions positives : les plans d'action et gains de productivité pour +22 points de base, avec un niveau record de productivité de 4 % lié à l'écart entre la croissance des volumes et l'évolution des effectifs ; le levier opérationnel pour +17 points de base, grâce aux volumes en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique ; les opérations de gestion de portefeuille et effets de change pour +11 points de base ; et le delta inflation pour +6 points de base.
Ce dernier point mérite d'être souligné : après plusieurs trimestres en territoire négatif, les prix de vente en hausse de 3,3 % ont plus que compensé l'inflation des charges opérationnelles de 2,5 %. En regard, trois éléments pèsent modérément : les investissements de croissance dédiés au digital pour −10 points de base, la marge brute pour −5 points de base malgré un mix produit défavorable et un environnement concurrentiel exigeant, et l'effet calendaire pour −2 points de base.
Par zone, l'Europe progresse de 50 points de base à 6,3 % des ventes et l'Asie-Pacifique de 50 points de base à 1,2 %, tandis que l'Amérique du Nord ne gagne que 3 points de base à 7,1 %, pénalisée par le mix, un delta inflation négatif et les investissements digitaux.
En données publiées, le résultat net atteint 342 M€, en hausse de 31 %. Cette progression intègre un effet positif non-récurrent du cuivre de 21 M€ au niveau de l'EBITA — la marge d'EBITA courant non ajusté ressort ainsi à 6,4 % — ainsi qu'un taux d'impôt de 30,5 % incluant 14,4 M€ d'impôt exceptionnel en France, contre un taux normatif de 27 %. Retraité de ces éléments, le résultat net récurrent s'élève à 347 M€, en progression de 12,6 %.
Objectifs 2026 relevés sur la croissance et sur le plancher de marge
Fort de l'accélération observée au deuxième trimestre et d'un carnet de commandes record, Rexel relève ses perspectives 2026. La croissance des ventes à jours constants est désormais attendue autour de 5 %, contre une fourchette de 3 à 5 % précédemment, et la marge d'EBITA courant ajusté est portée à « au moins 6,2 % », là où l'objectif était formulé « environ 6,2 % » — un passage d'un point central à un plancher.
La visibilité invoquée repose largement sur les commandes : aux États-Unis, le carnet progresse d'environ 25 % par rapport à fin mars et franchit le seuil de 2 Md$ ; au Canada, il gagne près de 30 % et dépasse 1 Md CAD, soit 3,5 mois de ventes à fin juin. L'objectif de conversion du free cash-flow supérieure à 65 % reste pour sa part inchangé.
Au premier semestre, le free cash-flow avant intérêts et impôts atteint 247 M€ contre 127 M€ un an plus tôt, soit une conversion de 37 % contre 21 %. Ce niveau reste inférieur à la cible annuelle, reflet de la saisonnalité du besoin en fonds de roulement, qui absorbe 342 M€ sur la période, le BFR opérationnel remontant à 16,3 % du chiffre d'affaires contre 15,9 % un an plus tôt.
L'endettement financier net progresse de 690 M€ depuis fin 2025 pour atteindre 3 322 M€, portant le ratio à 2,4 fois l'EBITDAaL, sous l'effet de 398 M€ d'investissements financiers et de 353 M€ de dividendes versés. Le groupe a finalisé trois acquisitions en Amérique du Nord depuis le début de l'année — TC 360 au Canada le 20 avril, Revere Electrical Supply dans l'Illinois, et DEE Electronics dans l'Iowa le 10 juillet, soit postérieurement à la clôture du semestre.
Ces opérations renforcent le positionnement du groupe sur les automatismes industriels et les services à valeur ajoutée.
Reste que la cible annuelle de marge se situe exactement au niveau atteint au premier semestre, alors que l'ambition moyen terme du plan Axelerate 2028 vise une marge d'EBITA ajusté supérieure à 7 % et une croissance de 5 % à 8 % par an : l'écart à combler sur les prochains exercices demeure significatif.