Roche Bobois : bénéfice en baisse et ventes en recul aux États-Unis
Le groupe d'ameublement haut de gamme a navigué en 2025 dans un environnement peu propice, marqué par les fluctuations du dollar et l'arrivée des tarifs douaniers américains. Malgré ces turbulences, Roche Bobois a présenté jeudi 26 mars des résultats qui honorent sa promesse d'agilité financière. Mais derrière cette stabilité apparente se cache une réalité commerciale plus préoccupante : les ventes de février 2026 racontent une autre histoire, celle d'un marché qui cède sous la pression.
La résistance du modèle économique face aux chocs externes
Le chiffre d'affaires consolidé de 402,5 M€ affiche un recul mesuré de - 1,3 % à changes constants, tandis que l'EBITDA s'établit à 71,2 M€, au cœur de la fourchette annoncée (70 - 72 M€). La marge d'EBITDA se stabilise à 17,7 %, quasiment identique à celle de 2024 (18 %). Cette quasi - stabilité des marges en dépit d'un chiffre d'affaires en léger repli illustre la discipline opérationnelle du groupe : les charges externes ont baissé de 4,2 %, passant de 100,7 M€ à 96,5 M€, tandis que les charges de personnel sont restées stables à 89,9 M€. Le résultat net, bien qu'en retrait à 10,2 M€ contre 15,8 M€ en 2024, reflète avant tout l'impact du résultat financier dégradé (pertes de change de 2,8 M€ liées à l'euro / dollar). Sur le plan de la trésorerie, le groupe affiche un free cash - flow de 49,4 M€, en hausse de 13,8 M€ par rapport à 2024, et dispose d'une réserve de trésorerie disponible de 46,8 M€, maintenue en situation nette positive.
Une performance financière qui dissimule une fragilité commerciale croissante
Ces chiffres consolidés traduisent une capacité d'adaptation certaine, mais ils masquent des dynamiques régionales contrastées et surtout, un essoufflement commercial brutal en début 2026. Le portefeuille de commandes, clé de la visibilité future, s'établit à 122,7 M€ au 31 décembre 2025. Or, dès février 2026, les volumes d'affaires ressortent à 99,5 M€, en contraction de 9,8 % à changes constants. Pour les magasins en propre, la situation s'aggrave : 59,2 M€ de chiffre d'affaires, soit un recul de 13,5 % à changes constants. Cette érosion n'est pas uniforme : elle est particulièrement sévère aux États - Unis / Canada (- 28 % à fin février à changes courants), bien que le groupe invoque des intempéries et des effets de devise. Seul Cuir Center, avec sa performance commerciale et ses fermetures stratégiques de magasins non rentables, affiche une croissance d'EBITDA de 25 %, contribuant à hauteur de 7,7 M€. En France, les opérations commerciales « Les Jours Tentations » et « Design Days » aux États - Unis donnent des signaux mitigés : amélioration par rapport au début de l'année, mais sans véritable redémarrage.
2026 sous le signe de la prudence et de l'attentisme stratégique
Le groupe aborde 2026 « avec prudence », reconnaît le communiqué, face à un contexte géopolitique pesant sur la consommation et des effets de change toujours défavorables. La stratégie immobilière demeure prudente : ouverture d'un magasin à Aix - en - Provence, développement au Luxembourg et à Porto, transfert de deux magasins vers des sites plus premium (Reims et Atlanta), et maintien du rythme de 5 à 10 franchises par an. Le groupe propose un dividende de 0,80 € par action, signe de confiance mais aussi de sa capacité à soutenir les actionnaires malgré l'incertitude. Cette proposition sera soumise à l'assemblée générale du 16 juin 2026.