Saint-Gobain : chiffre d'affaires stable à 23,6 Mds€ au S1, marge d'EBITDA en repli à 15,4 %
Saint-Gobain a affiché au premier semestre 2026 un chiffre d'affaires de 23,6 milliards d'euros, en baisse de 1,1 % en valeur nominale mais stable à données comparables (+0,7 %). La croissance interne s'accélère toutefois au deuxième trimestre à +3,5 %, tirée par un redémarrage en Europe (+4,1 %), une normalisation en Amérique du Nord (+1,2 %) et une poursuite de la croissance en Asie-Pacifique (+7,0 %). Cependant, la marge d'EBITDA recule à 15,4 % (contre 16,0 % un an plus tôt) et le résultat net chute de 13,0 %, traduisant une compression de la rentabilité unitaire malgré une meilleure gestion du cash-flow.
Le groupe maintient sa guidance d'une marge d'EBITDA supérieure à 15,0 % en 2026, tablant sur une amélioration du deuxième semestre. La trésorerie progresse et l'endettement net se réduit significativement à 11,5 milliards d'euros, renforçant le profil financier du constructeur dans un contexte macroéconomique contrasté.
Redémarrage de la croissance au T2, mais résultat net en repli
Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 23,595 milliards d'euros au premier semestre, quasi stable à données comparables (+0,7 %) après un premier trimestre affecté par des conditions climatiques difficiles. Cette stabilité masque une accélération du rythme au deuxième trimestre, où la croissance interne s'établit à +3,5 %, marquant une nette reprise dans les trois grandes régions.
L'EBITDA ressort à 3,625 milliards d'euros, en baisse de 5,1 % en valeur absolue, avec une marge comprimée à 15,4 % contre 16,0 % un an auparavant. Le résultat d'exploitation chute de 7,5 % à 2,594 milliards d'euros et le résultat net recule de 13,0 % à 1,417 milliard d'euros. Le bénéfice net par action (BPA) s'établit à 2,89 euros, en baisse de 12,2 % par rapport au S1 2025 (3,29 euros), traduisant une dégradation marquée de la rentabilité unitaire malgré une légère croissance du chiffre d'affaires à données comparables.
Cette compression de marge intervient dans un environnement où l'effet change pèse de −1,3 % sur le semestre et les cessions (effet périmètre de −0,5 %) réduisent mécaniquement les agrégats. Sur le volet prix-coûts, le groupe anticipe un léger différentiel positif sur l'année mais doit gérer une inflation ressurgente au T2.
Asie propulse la surperformance, Europe et Amériques se redressent
La Région Asie-Pacifique confirme sa dynamique avec une croissance interne de +7,0 % (+8,4 % en monnaies locales), portée par l'Inde en croissance à deux chiffres et l'Asie du Sud-Est (Vietnam, Indonésie, Philippines) en progression robuste. La marge d'EBITDA y atteint un niveau record de 18,5 %, contre 18,0 % un an auparavant, reflétant une bonne gestion des prix et des coûts.
En Europe, la croissance renoue après un début d'année difficile, l'activité progressant de +1,7 % sur le semestre mais de +4,1 % au seul deuxième trimestre, la meilleure performance depuis 2022. La marge d'EBITDA reste stable à 13,0 % malgré les conditions climatiques du premier trimestre. Les Amériques se redressent également au T2 (+0,9 % de croissance interne) après un T1 impacté par des conditions météorologiques extrêmes en Amérique du Nord (−11,3 % au T1). La marge d'EBITDA s'établit à 19,5 % pour la région, conforme à la base de comparaison du second semestre 2025 mais inférieure au S1 2025 (21,4 %), sur une base de comparaison élevée.
Le groupe signale que la chimie de la construction surperforme à +8,5 % au T2 et +5,3 % sur le semestre, soutenue par des succès notables en non-résidentiel (data centers, santé, infrastructures) et en infrastructure (tunnels, ponts, aéroports).
Cash-flow robuste et réduction rapide de la dette
Malgré la contraction du résultat net, le cash-flow libre s'établit à 2,105 milliards d'euros (légère baisse de 3,9 % sur un an), avec un taux de conversion en amélioration à 65 % (contre 63 % un an auparavant). Le Besoin en Fonds de Roulement d'exploitation reste maîtrisé à 24 jours de chiffre d'affaires. Les investissements industriels s'élèvent à 664 millions d'euros, dont 14 nouvelles usines et lignes ouvertes au cours du semestre, prioritairement en zones à forte croissance (Inde, Vietnam, Indonésie, Europe de l'Est, Amérique centrale).
L'endettement net enregistre une baisse significative de 9,9 % à 11,5 milliards d'euros, portée par la génération de cash-flow libre et les désinvestissements (373 millions d'euros, dont la cession de la distribution de ventilation dans les pays nordiques). Le ratio dette nette sur EBITDA sur douze mois glissants atteint 1,6x (contre 1,7x un an auparavant). Le groupe a poursuivi les rachats d'actions pour 270 millions d'euros à fin juin, soit un total de 292 millions d'euros en incluant juillet, confirmant un retour de capital aux actionnaires malgré un contexte de profitabilité mitigée.