SES : chiffre d'affaires porté à 1,6 milliard d'euros par Intelsat, mais perte nette ajustée de 89 M€
L'opérateur satellitaire luxembourgeois a publié ses comptes du premier semestre 2026, marqués par un chiffre d'affaires de 1 602 millions d'euros, plus que doublé en données publiées grâce à l'intégration d'Intelsat (consolidé depuis juillet 2025). À périmètre comparable et change constant, le chiffre d'affaires recule toutefois de 5 %.
La marge d'EBITDA ajusté se contracte de 8,1 points et le groupe enregistre une perte nette ajustée de 89 millions d'euros, principalement en raison d'une hausse de 250 millions d'euros des amortissements et dépréciations liée à l'acquisition d'Intelsat et de charges de financement nettes plus élevées (155 millions d'euros contre 12 millions d'euros un an plus tôt), partiellement compensées par un EBITDA ajusté plus élevé et un impôt sur le résultat plus faible.
Chiffre d'affaires à 1,6 milliard d'euros, tiré par Mobilité et Défense
SES a enregistré un chiffre d'affaires semestriel de 1 602 millions d'euros, en hausse de 72,4 % à change constant en données publiées par rapport à la même période de 2025, l'écart provenant de la consolidation d'Intelsat depuis le 17 juillet 2025. À périmètre comparable (comme si Intelsat avait été consolidé dès janvier 2024) et à change constant, le chiffre d'affaires recule en revanche de 5,0 %.
La croissance publiée s'appuie sur une progression marquée de la division Networks (+89,0 % à change constant), dynamisée par Mobilité (+169,9 %), portée notamment par un contrat restructurant en Aviation de 81 millions d'euros au premier trimestre 2026, et Gouvernement & Défense (+41,9 %). La division Médias affiche une hausse de 46,5 %, bénéficiant de l'intégration complète d'Intelsat.
Le deuxième trimestre a enregistré un revenu de 755 millions d'euros (+64,2 % à change constant), en ralentissement par rapport au premier trimestre (+80,5 %). Le PDG de SES a attribué ce tassement à un report de certains contrats, ajoutant que le groupe restait sur la trajectoire attendue à mi-année et anticipait une reprise opérationnelle au second semestre.
Marge en recul malgré un EBITDA ajusté en hausse
L'EBITDA ajusté s'est établi à 725 millions d'euros, en hausse de 47,0 % à change constant. Cependant, la marge d'EBITDA ajusté s'est contractée à 45,2 % contre 53,3 % un an plus tôt, soit une compression de 8,1 points attribuée au mix produit (repli de Fixed Data et des Médias à périmètre comparable), au phasing des contrats Gouvernement et à des effets de change défavorables.
La perte nette ajustée du groupe s'est établie à 89 millions d'euros, inversant le profit ajusté de 77 millions d'euros enregistré au premier semestre 2025. Cette dégradation reflète notamment une augmentation de 250 millions d'euros des dotations aux amortissements et dépréciations, liée à l'acquisition d'Intelsat, ainsi qu'une hausse des charges de financement nettes, portées à 155 millions d'euros sur le semestre.
Guidance 2026 confirmée, carnet de 6,4 milliards et jalons stratégiques
SES a réitéré sa guidance pour 2026 : le chiffre d'affaires et l'EBITDA ajusté devraient rester stables d'une année sur l'autre à périmètre comparable et change constant, tandis que les dépenses d'investissement sont attendues autour de 700 millions d'euros. Le groupe a sécurisé 1,2 milliard d'euros de nouveaux contrats et renouvellements au semestre, alimentant un carnet de 6,4 milliards d'euros.
En Aviation notamment, SES a enregistré 200 nouveaux appareils équipés de sa solution de connectivité multi-orbite et a signé des accords avec Viva México, Avianca et Latam Airlines, portant à plus de 600 le nombre d'appareils en service. Sur le plan stratégique, les trois prochains satellites O3b mPOWER (11, 12 et 13) doivent être lancés au troisième trimestre 2026.
La FCC a publié le 24 juillet une décision libérant 160 MHz de spectre C-band supérieur aux États-Unis d'ici 2030-2031, ouvrant une rémunération incitative d'environ 5,6 milliards de dollars à SES si elle respecte les délais de transition. Parallèlement, les négociations du programme européen IRIS² (Rendez-vous 1) entrent dans leurs phases finales, et SES progresse dans le développement de son site de fabrication de satellites soutenant meoSphere, sa constellation MEO nouvelle génération attendue en 2030.