Société Générale : bénéfice record de 3,5 Md€ au S1, objectifs relevés pour 2026
Société Générale a publié un premier semestre record avec un résultat net part du groupe de 3,5 Md€, en hausse de 13,9 % par rapport à la même période de 2025. Cette performance s'appuie sur un contraste frappant : une croissance mesurée des revenus à 14,2 Md€ (+ 2,4 %) contrebalancée par une baisse des coûts de 5,0 %, bien au-delà de l'objectif initial de - 3 %. Cette dynamique de « ciseaux » opérationnel favorable a permis au groupe de relever ses cibles annuelles, dont la rentabilité visée passant de plus de 10 % à environ 11 % pour 2026.
Un profit qui s'accélère malgré une croissance des revenus modérée
Le produit net bancaire du groupe ressort à 14,2 Md€ au premier semestre 2026, en hausse de 2,4 % en variation nominale et de 5,2 % à périmètre et change constants. Cette progression, bien qu'en ligne avec la cible annuelle de plus de 2 %, demeure contenue. Parallèlement, le coefficient d'exploitation s'améliore de 4,7 points de pourcentage à 59,7 %, retrouvant un positionnement plus favorable dans un contexte bancaire complexe. Le résultat net part du groupe atteint 3,5 Md€, un niveau record pour un semestre, correspondant à une rentabilité (ROTE) de 12,0 %. Cette accélération du profit de 13,9 % par rapport au S1-25 révèle comment la maîtrise des dépenses amplifie l'impact d'une modeste progression du chiffre d'affaires. Au deuxième trimestre seul, la dynamique s'intensifie : le résultat net bondit de 23,2 % à 1,8 Md€, avec une rentabilité de 12,2 %, confirmant une tendance d'accélération.
Les trois pôles métiers enregistrent des résultats contrastés, du retail à l'investissement
La Banque de détail en France, Banque Privée et Assurances, poids lourd du groupe avec 37 % du résultat, affiche un résultat net de 1,3 Md€ en hausse de 42,8 %. Cette branche bénéficie d'une forte marge nette d'intérêt (+ 13,4 %) et de la collecte nette robuste en Banque Privée (2,4 Md€ au T2). Les actifs sous gestion progressent de 10 % pour atteindre un record de 145 Md€. BoursoBank, la néobanque du groupe, confirme une contribution au résultat de 84 M€ au T2-26, en ligne avec un objectif annuel dépassant 300 M€.
La Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs publie un résultat net de 1,6 Md€ (+ 2,1 %), malgré des revenus en léger retrait de 1,3 % sur le semestre. Les activités Actions affichent une dynamique solide (+ 5,5 %), tandis que les Taux, Crédit et Change subissent un environnement moins favorable (- 15,0 %). Le métier Global Banking & Advisory affiche un trimestre tonique porté par la forte activité client en énergie, infrastructures et matières premières.
Le pôle Mobilité, Banque de détail et Services financiers à l'International (21 % du résultat) enregistre un résultat de 725 M€, stable semestriellement (+ 0,4 %). Les encours de crédits progressent de 5,6 % dans la Banque de détail internationale. Ayvens, le loueur de véhicules du groupe, normalise ses résultats de ventes de voitures d'occasion à environ 330 € par unité, en ligne avec la fourchette cible de 200 à 600 €, avec une marge trimestrale solide à environ 610 points de base.
Cibles rehaussées et restitution de capital accélérée
Fort de cette performance, Société Générale a décidé de relever ses cibles annuelles. La réduction des coûts a été revue de - 3 % à environ - 4 % entre 2025 et 2026, tandis que la cible de rentabilité (ROTE) 2026 passe de plus de 10 % à environ 11 %. Le coût du risque ressort à 26 points de base au S1, bien placé dans la fourchette cible de 25 à 30 points de base. Sur le plan capital, le groupe a annoncé un rachat d'actions exceptionnel de 1,5 Md€ à compter du 3 août 2026, avec autorisation des régulateurs dont la Banque Centrale Européenne. Le ratio CET1 s'établit à 13,2 % à fin juin, environ 290 points de base au-dessus de l'exigence réglementaire. Un acompte sur dividende de 0,75 € par action, en hausse de 23 % par rapport à 2025, sera mis en paiement le 7 octobre 2026. Ces mesures illustrent la solidité du bilan et la confiance de la direction dans la durabilité de la performance semestrielle.