TF1 : chiffre d'affaires en baisse de 9,9 % au S1, la marge résiste à 7,8 %
TF1 a publié des résultats du premier semestre 2026 marqués par une contraction du chiffre d'affaires de 9,9 %, à 993 M€, pénalisée par l'érosion du marché publicitaire linéaire.
Le groupe a toutefois dégagé des résultats supérieurs aux attentes : le résultat opérationnel courant des activités dépasse le consensus et la marge des activités ressort à 7,8 % au semestre, en ligne avec l'objectif annuel, et à 12,3 % au deuxième trimestre. Le digital accélère, avec une croissance de 17,1 % de son chiffre d'affaires.
La publication illustre le choix assumé du groupe de préserver sa rentabilité dans un marché publicitaire dégradé, tout en misant sur le digital et le partenariat récemment noué avec Netflix pour compenser le recul du linéaire.
Média en retrait, digital en accélération
Le chiffre d'affaires consolidé du groupe TF1 s'est établi à 993 millions d'euros au premier semestre 2026, en baisse de 9,9 % sur un an, ou de 6,4 % à périmètre et change constants. Le pôle Média recule de 10,8 % à 869 millions d'euros, un repli amplifié par des effets de périmètre de 39 millions d'euros liés aux cessions réalisées en 2025 (My Little Paris, Play Two).
Le chiffre d'affaires publicitaire, principale source de revenus du groupe, s'inscrit à 714 millions d'euros, en baisse de 8,7 % dans un marché linéaire structurellement sous pression et un environnement instable pour les annonceurs. La division Studio TF1 recule pour sa part de 3,1 % à 124 millions d'euros, du fait d'une saisonnalité concentrée sur le second semestre.
À l'inverse, les activités numériques progressent de 17,1 % à 134 millions d'euros. La publicité sur TF1+, la plateforme de streaming du groupe, bondit de 18,6 % en cumul semestriel à 109 millions d'euros. Le partenariat avec Netflix, concrétisé fin juin, a démarré au-dessus des attentes et devrait surtout contribuer au second semestre, aux côtés de l'offre destinée aux PME.
Rentabilité préservée malgré les turbulences
Le résultat opérationnel courant des activités a atteint 77 millions d'euros au premier semestre, supérieur aux attentes du consensus, bien qu'en recul de 54 millions d'euros sur un an. Cette variation tient essentiellement à la baisse du chiffre d'affaires publicitaire linéaire, fortement contributeur au résultat, partiellement compensée par des arbitrages sur le coût des programmes (en baisse de 19 millions d'euros) et un contrôle strict des autres coûts.
La marge des activités ressort à 7,8 % au semestre, en ligne avec l'objectif annuel, et grimpe à 12,3 % au deuxième trimestre, validant le choix du groupe de préserver sa rentabilité dans un contexte publicitaire et réglementaire difficile.
Le résultat net part du groupe hors surtaxe exceptionnelle s'établit à 56 millions d'euros, en retrait de 37 millions d'euros par rapport à 2025 (51 millions d'euros après surtaxe). La situation financière demeure solide, avec un excédent financier net de 432 millions d'euros, en repli de 41 millions d'euros sur un an, après notamment le versement en avril d'un dividende de 132 millions d'euros.
Objectifs 2026 maintenus, le second semestre comme point d'appui
Le groupe a maintenu ses objectifs 2026, dans un contexte de visibilité jugée limitée : une croissance à deux chiffres du chiffre d'affaires digital, une marge des activités hors plus-values maintenue à un niveau « mid-to-high single-digit » selon l'évolution du marché linéaire, et une politique de dividende en croissance.
TF1 s'appuie sur le démarrage supérieur aux attentes du partenariat Netflix et sur la contribution attendue de ses nouvelles initiatives digitales au second semestre, tandis que Studio TF1 verra son activité se concentrer sur cette période, comme les années précédentes. Le leadership d'audience du groupe sur ses cibles commerciales a été maintenu au premier semestre, malgré un environnement concurrentiel exceptionnel marqué par les Jeux Olympiques d'hiver et la Coupe du monde de football.
La plateforme TF1+ a rassemblé en moyenne 42 millions de streamers par mois sur le semestre, avec un record de 44 millions en juin, confirmant la montée en puissance du pôle numérique sur lequel le groupe fait reposer sa transition.