TotalEnergies vise 30 % de deux champs gaziers en Malaisie, sous réserve d'autorisation
Les accords conclus avec PCSB, PTTEP et KUFPEC, encore soumis à l'approbation du régulateur, placeraient TotalEnergies en tête de l'actionnariat d'un projet qui doit alimenter une usine de liquéfaction déjà en service. L'opération prolonge l'expansion du groupe dans le gaz malaisien, engagée en 2024 avec la reprise de SapuraOMV.
30 % de Lang Lebah et B14, sous réserve du feu vert réglementaire
TotalEnergies a signé, le 2 novembre 2026, des accords avec Petronas Carigali Sdn Bhd (PCSB), PTTEP et KUFPEC en vue d'acquérir une participation de 30 % dans les champs gaziers de Lang Lebah et B14. Les deux gisements se situent en mer, au large de l'État malaisien du Sarawak.
L'opération n'est pas encore réalisée : les transactions sont soumises à l'approbation du régulateur. À leur terme, le groupe détiendra une participation opérée de 30 % dans chacun des deux champs, aux côtés de PTTEP (25 %), KUFPEC (25 %) et PCSB (20 %).
Avec cette répartition, TotalEnergies deviendrait le premier actionnaire des deux gisements, sans en détenir la majorité. Le communiqué présente Lang Lebah comme l'une des plus importantes découvertes gazières réalisées au large de la Malaisie, et B14 comme un champ situé à proximité.
Les deux gisements doivent être développés ensemble, dans le cadre d'un projet intégré. Selon le groupe, ce développement combiné permettra de valoriser des ressources gazières de plus de 6,5 Tcf (mille milliards de pieds cubes), soit plus de 1 milliard de barils équivalent pétrole.
Le gaz extrait est destiné à l'usine de liquéfaction existante Malaysia LNG. Le projet prévoit un plateau de production d'environ 10 milliards de mètres cubes par an, ce qui en fait une source d'approvisionnement pour une infrastructure d'exportation déjà en place plutôt qu'un projet nécessitant une nouvelle usine.
Un projet inscrit dans l'expansion gazière engagée avec SapuraOMV
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, a décrit le projet comme la constitution d'un « nouveau hub gazier de grande envergure en Malaisie, tirant parti d'infrastructures communes, pour approvisionner Malaysia LNG et ainsi répondre à la demande croissante de GNL en Asie ».
Le dirigeant a inscrit ces accords dans une stratégie visant à « renforcer notre position gazière intégrée en Malaisie ». Il les a présentés comme une nouvelle étape après l'acquisition de SapuraOMV en 2024 et le renforcement du partenariat de longue date avec Petronas en 2025.
La première de ces opérations a déjà modifié le poids du groupe dans le pays. Selon le communiqué, la reprise des actifs amont de SapuraOMV a fait de TotalEnergies le troisième plus grand opérateur gazier de Malaisie.
Le groupe détient aujourd'hui des participations, opérées ou non, dans 17 blocs situés au large des États du Sarawak et du Sabah. Lang Lebah et B14 se trouvant au large du Sarawak, l'opération renforcerait sa présence dans une zone où il est déjà implanté.
Le schéma retenu repose sur la mutualisation : deux champs voisins développés conjointement, des infrastructures communes et un débouché existant avec Malaysia LNG. C'est cet ensemble que le président-directeur général met en avant pour justifier le projet.
Une présence en Malaisie depuis 1985, au-delà de la production de gaz
Présent en Malaisie depuis 1985, TotalEnergies y commercialise également des produits pétroliers via sa filiale TotalEnergies Marketing Malaysia. En avril 2026, le groupe et Masdar ont annoncé la création d'une coentreprise d'une valeur de 2,2 milliards de dollars consacrée aux énergies renouvelables en Asie, notamment en Malaisie.
En 2023, TotalEnergies avait signé avec Petronas et Mitsui un accord portant sur le développement d'un projet de stockage de CO2 en Asie du Sud-Est et sur l'évaluation de plusieurs sites possibles dans le bassin malais.
L'annonce malaisienne fait suite à plusieurs mouvements de portefeuille fin octobre. Le 27 octobre 2026, le groupe a finalisé la vente à Vaaris de sa participation de 10 % dans les licences de la coentreprise Renaissance au Nigéria, pour 800 millions de dollars.
Le 30 octobre 2026, il a conclu un accord cédant 40 % du bloc OPL257 au Nigéria à Sapetro, tout en restant opérateur. Le groupe a également pris 25 % de 26 permis d'exploration opérés par Chevron au large des États-Unis.