Virtualware redevient bénéficiaire au S1 2026, porté par une croissance de 65 % de son chiffre d'affaires
Le spécialiste européen des logiciels immersifs Virtualware a renoué avec la rentabilité au premier semestre 2026, sur l'ensemble de ses lignes de résultat. Le chiffre d'affaires progresse de 65,4 % et l'EBITDA repasse en territoire positif, à 375 323 €, avec une base de coûts maîtrisée : les charges de personnel n'augmentent que de 2,98 % quand le chiffre d'affaires bondit de deux tiers. Seule ombre au tableau, la marge brute recule de 5,3 points, à 91 %, sous l'effet de la montée en puissance des services, plus consommateurs de coûts directs. La marge d'EBITDA semestrielle, à 14,4 %, reste par ailleurs en deçà de la cible annuelle de 20 à 25 % que la société s'était fixée en février.
Un chiffre d'affaires multiplié par 1,65, tiré par les services et les abonnements
Virtualware a généré 2,6 M€ de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, contre 1,57 M€ à la même période de 2025, soit une progression de 65,38 %. La croissance provient des deux produits de la société. La plateforme XR VIROO a contribué à hauteur de 1,25 M€ d'abonnements (+43,17 %) et 1,06 M€ de services (+100,47 %). Simumatik, plateforme de jumeaux numériques intégrée au portefeuille en octobre 2024 après l'acquisition de la société suédoise, a généré 58 472 € d'abonnements (+264,79 %) et 223 615 € de services (+101,04 %). En valeur, la hausse est portée majoritairement par les services, en très forte accélération sur les deux plateformes. Les revenus d'abonnement combinés ont dépassé 1,3 M€ et représentent la moitié du chiffre d'affaires total de la période, un socle favorable à la récurrence des revenus.
Retour à l'EBITDA positif et amélioration des marges opérationnelles
L'EBITDA s'est établi à 375 323 € au premier semestre 2026, contre −61 785 € un an plus tôt, soit une marge d'EBITDA de 14,4 %. Le résultat d'exploitation redevient positif, à 152 935 €, contre une perte de 271 980 € précédemment, et le résultat net ressort à 132 680 €, après une perte nette de 299 082 € au premier semestre 2025.
Ce redressement s'appuie sur une base de coûts maîtrisée : les charges de personnel n'augmentent que de 2,98 %, à 1,64 M€, quand le chiffre d'affaires progresse de 65,4 %.
Rapportées au chiffre d'affaires, elles passent ainsi de plus de 100 % à environ 63 %, illustrant un net effet de levier opérationnel.
La marge brute recule en revanche de 5,34 points, de 96,38 % à 91,04 %, sous l'effet de la montée en puissance des services, dont la croissance à trois chiffres mobilise davantage de coûts directs que les abonnements. La société clôture par ailleurs la période avec une dette financière nette négative de 1,92 M€, soit une position de trésorerie nette, et un ratio dette nette / EBITDA ajusté de −18,71 %.
Objectifs de février rappelés et perspectives sur les marchés de la défense et du nucléaire
Virtualware avait anticipé en février une croissance organique supérieure à 30 % en 2026, assortie de marges d'EBITDA comprises entre 20 % et 25 %. Le chiffre d'affaires du premier semestre, en hausse de 65,4 %, dépasse largement l'objectif de croissance, tandis que la marge d'EBITDA semestrielle, à 14,4 %, se situe pour l'heure sous la fourchette visée sur l'année.
Ces résultats interviennent dans un contexte d'adoption croissante de la réalité étendue dans la défense et le nucléaire. Le marché de la simulation militaire et de la formation virtuelle est estimé à 13,9 Md$ en 2026 et devrait atteindre 17,7 Md$ en 2030, selon The Business Research Company ; dans le nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie prévoit une capacité record, portée par les nouvelles constructions et la prolongation des centrales existantes. Virtualware avait clôturé 2025 avec des prises de commandes record supérieures à 8 M€, provenant principalement de projets gouvernementaux et nucléaires.
La société a par ailleurs annoncé récemment la prise en charge d'Unreal Engine sur VIROO : via le SDK VIROO Studio, les développeurs pourront créer des applications XR multi-utilisateurs et multi-appareils et les déployer du cloud public ou privé jusqu'à des environnements sur site et des réseaux isolés (air-gapped), un atout pour les secteurs régulés. Cotée sur Euronext Growth Paris depuis juin 2025, Virtualware a enfin renforcé son conseil consultatif international avec l'arrivée de Stephanie Smith, ancienne ingénieure en chef nucléaire de CANDU Energy, et de Jason Paltrowitz, ancien dirigeant d'OTC Markets Group.