Bourse de Paris : le CAC 40 rebondit malgré un monde sous tension, le luxe fait bande à part
À mi-séance ce mardi, le CAC 40 progresse de 0,55 % à 7 979,9 points, porté par une large majorité de hausses. Dans un environnement mondial marqué par la flambée des cours du pétrole et l'immobilisme contraint des banques centrales, la cote parisienne affiche un rebond significatif, à l'exception notable du secteur du luxe qui concentre l'essentiel des replis du jour.
Un marché qui respire dans un climat toujours fragile
Le CAC 40 gagne 0,55 % à la mi-journée, à 7 979,9 points, flirtant avec la barre symbolique des 8 000 points. La dispersion est nette : 31 valeurs sont en hausse, contre seulement 8 en baisse et une stable. Le SBF 120 suit un mouvement identique, en progression de 0,55 %.
Ce rebond intervient dans un contexte international qui reste pourtant peu engageant. Le VIX, baromètre de la nervosité des marchés, évolue à 27,19 — un niveau qui traduit une tension persistante. L'impasse autour de la sécurisation du détroit d'Ormuz continue d'alimenter la hausse des cours du brut, tandis que la Banque des règlements internationaux (BRI) vient de publier un rapport signalant de multiples sources de volatilité, des corrections sur les valeurs liées à l'intelligence artificielle aux tensions sur le crédit privé. De leur côté, les grandes banques centrales demeurent figées, coincées entre pressions inflationnistes et risques pesant sur la croissance. Un contexte de stagflation potentielle qui limite la visibilité pour l'ensemble des acteurs de marché.
Pétrole, utilities et banques tirent la cote vers le haut
Stellantis signe la plus forte hausse du CAC 40 à mi-séance, en progression de 3,12 % à 5,89 euros. Le constructeur automobile, dont le cours reste à des niveaux historiquement bas, bénéficie d'un regain d'intérêt sans catalyseur spécifique identifié ce mardi.
Derrière, ce sont les valeurs liées à l'énergie et aux services aux collectivités qui dominent. Veolia gagne 2,04 % à 33,46 euros, Engie progresse de 1,95 % à 28,27 euros. TotalEnergies avance de 1,84 % à 73,73 euros, dans le sillage de la tension persistante sur les marchés pétroliers. Le titre bénéficie par ailleurs d'un relèvement d'objectif de cours par Barclays, qui passe de 78 à 94 euros tout en maintenant sa recommandation à « surpondérer ».
Société Générale complète le tableau des cinq plus fortes hausses avec un gain de 1,69 % à 66,10 euros, dans un secteur bancaire globalement bien orienté.
Le luxe en net repli, Kering en pleine réorganisation
Le contraste est saisissant avec le secteur du luxe, qui concentre à lui seul trois des cinq plus fortes baisses du CAC 40. LVMH recule de 1,58 % à 471,45 euros, Hermès cède 1,25 % à 1 855,50 euros, et Kering abandonne 1,14 % à 246,85 euros. Ce repli groupé illustre la prudence qui entoure le compartiment, dans un environnement macroéconomique peu favorable à la consommation discrétionnaire.
Côté Kering, le groupe a annoncé la création de Kering Jewelry, une nouvelle entité dédiée à la joaillerie dirigée par Jean-Marc Duplaix. Le groupe a également dévoilé une restructuration de ses activités en quatre segments à compter du premier trimestre 2026, en amont d'un Capital Markets Day prévu le 16 avril. Ces annonces stratégiques ne suffisent pas, à ce stade, à inverser la tendance sur le titre.
En dehors du luxe, Dassault Systèmes recule de 1,30 % à 18,18 euros. Morgan Stanley a initié le suivi de la valeur avec une recommandation « pondération en ligne » et un objectif fixé à 23,25 euros. STMicroelectronics cède quant à elle 1,07 % à 29,07 euros, dans un secteur technologique qui reste sous pression à l'échelle mondiale, comme le signalait la BRI dans son dernier rapport trimestriel.