Bourse de Paris : le CAC 40 vacille, les banques plongent après le choc pétrolier
Le CAC 40 cède 0,49 % à mi-séance ce jeudi 12 mars, retombant à 8 002 points. Après la journée la plus folle de l'histoire récente du pétrole, les marchés européens digèrent de plus en plus difficilement le choc : sur 40 valeurs, 29 reculent. Seul le secteur de la défense tire son épingle du jeu, porté par Thales.
Une Bourse de Paris sous le poids de l'après-choc
Deux jours après les montagnes russes historiques du Brent — qui a perdu près de 36 dollars en une seule séance le 10 mars, un record absolu selon Bloomberg —, la nervosité reste palpable sur les marchés. Le CAC 40 évolue à 8 002,46 points, en repli de 0,49 % à la mi-journée. La dispersion des valeurs parle d'elle-même : seulement 10 titres progressent.
L'ambiance est la même à travers l'Europe. Le DAX allemand cède 0,10 %, le FTSE 100 britannique perd 0,34 %. En Asie, la séance a été plus rude : le Nikkei 225 a clôturé en baisse de 1,04 %, le Hang Seng de 0,70 % et le Sensex indien de 1,08 %. À Wall Street, le Dow Jones et le S&P 500 avaient terminé la veille à l'équilibre.
Les incertitudes autour de l'Iran, combinée aux convulsions géopolitiques et spéculatives qui ont provoqué le mouvement extrême de lundi, continue de peser sur le moral des opérateurs. La stabilisation du brut observée depuis mardi reste fragile, et les investisseurs avancent avec prudence.
Thales s'envole, Engie portée par Goldman Sachs
Dans ce paysage dominé par le rouge, quelques titres résistent. En tête du CAC 40, Thales bondit de 3,76 % à 256,80 euros, signant la meilleure performance de l'indice. Le groupe de défense et de technologies poursuit sa dynamique haussière dans un contexte géopolitique qui maintient le secteur sous les projecteurs.
Dassault Systèmes gagne 1,55 % à 18,32 euros, tandis que Capgemini progresse modestement de 0,60 % à 108,15 euros. Le secteur technologique offre ainsi un rare point de lumière dans une séance terne.
Du côté des utilities, Engie avance de 0,82 % à 27,17 euros. Le titre bénéficie d'un coup de pouce notable : Goldman Sachs a relevé son objectif de cours de 26,50 à 31,30 euros, tout en maintenant sa recommandation à l'achat. Un signal qui a suffi à distinguer l'énergéticien dans un marché globalement vendeur.
L'opérateur boursier Euronext progresse de 0,66 % à 137 euros. Dans l'univers des midcaps, le groupe Partouche a annoncé tripler son dividende à 1,25 euro par action, accompagné d'un chiffre d'affaires en hausse de 3,5 % au premier trimestre. Toutefois, la croissance organique n'atteint que 1,1 %, hors acquisitions récentes.
Banques et cycliques en première ligne des baisses
Les valeurs bancaires figurent parmi les plus malmenées de la séance. Crédit Agricole recule de 2,09 % à 16,66 euros, dans un contexte où le groupe a annoncé un accord en vue de racheter Bank Lviv, une banque ukrainienne spécialisée dans le financement des PME. L'opération, qui reste soumise aux approbations réglementaires, illustre le pari du groupe sur l'Ukraine en plein contexte d'incertitude géopolitique. BNP Paribas suit la même trajectoire baissière, lâchant 2,08 % à 87,58 euros.
La plus forte baisse du jour revient à Pernod Ricard, qui chute de 2,82 % à 69,62 euros. Le géant des spiritueux continue d'évoluer dans un environnement difficile sans catalyseur nouveau identifié en séance.
Les valeurs cycliques souffrent également. Accor cède 1,84 % à 42,07 euros, tandis qu'ArcelorMittal abandonne 1,76 % à 47,93 euros. Le sidérurgiste, très sensible aux anticipations sur l'activité économique mondiale, pâtit de l'ambiance d'aversion au risque qui domine cette mi-journée.
À la mi-journée, la séance parisienne reste marquée par la prudence généralisée des investisseurs. Le choc pétrolier de lundi continue de projeter son ombre sur des marchés qui cherchent encore un point d'ancrage.