Bourse de Paris : le spectre d'une hausse des taux plombe le CAC 40, le luxe et l'acier décrochent
À mi-séance ce vendredi 13 mars, le CAC 40 recule de 0,33 % à 7 957 points, dans un marché où les baisses l'emportent largement. Alors que les anticipations de resserrement monétaire en Europe gagnent du terrain, seule une poignée de valeurs parviennent à tirer leur épingle du jeu, portées par des actualités individuelles.
Une séance sous pression, entre craintes inflationnistes et tensions sur les taux
Le CAC 40 évolue dans le rouge à la mi-journée, à 7 957,76 points, en repli de 0,33 %. Sur les 40 valeurs de l'indice, 26 reculent et seulement 14 parviennent à progresser. La tonalité est similaire sur les autres grandes places européennes : le DAX allemand cède 0,10 % en séance et le FTSE 100 londonien lâche 0,34 %.
L'ambiance reste marquée par les turbulences sur le marché pétrolier, où le Brent se maintient au-dessus des 100 dollars et a connu le 10 mars une variation intrajournalière sans précédent de près de 36 dollars — un record historique absolu depuis les années 1980. Si les cours du brut se sont stabilisés depuis, l'épisode a ravivé les craintes d'un nouveau choc inflationniste, alimenté à la fois par la flambée de l'énergie et par les perturbations sur l'acheminement d'engrais agricoles.
Ce contexte pèse directement sur les anticipations de politique monétaire. Le rendement du Bund allemand à dix ans a touché un sommet depuis octobre 2023, à 2,93 %. Les marchés attribuent désormais une probabilité de 35 % à une hausse de taux de la BCE dès avril, alors que les opérateurs n'anticipent plus qu'un seul assouplissement de la Réserve fédérale américaine en 2026. Cette perspective d'un environnement de taux durablement élevé pèse sur la cote parisienne en cette fin de semaine.
TotalEnergies et Publicis en tête, Danone et les défensives résistent
Dans ce marché majoritairement baissier, quelques valeurs se distinguent nettement. TotalEnergies progresse de 2,19 % à 71,94 euros, soutenue par un relèvement d'objectif de cours de Goldman Sachs, qui porte sa cible de 68 à 75 euros tout en adoptant une recommandation neutre sur le titre. Le géant pétrolier bénéficie aussi du contexte de tensions persistantes sur le marché de l'énergie.
Publicis gagne 1,98 % à 76,36 euros, porté par ses résultats et l'annonce de l'acquisition d'AdgeAI, spécialiste de la mesure de performance créative et de l'intelligence de contenu. L'opération vise à renforcer la plateforme de production alimentée par l'intelligence artificielle du groupe de communication.
Plus largement, ce sont les valeurs défensives qui tirent leur épingle du jeu : Danone progresse de 1,31 % à 71,16 euros, Engie de 1,28 % à 27,71 euros et Orange de 1,11 % à 17,37 euros. Des profils que les investisseurs ont tendance à privilégier lorsque l'incertitude macroéconomique domine.
Le luxe, la sidérurgie et la banque en queue de peloton
Du côté des baisses, la palette est large et touche des secteurs variés. ArcelorMittal accuse le repli le plus marqué, avec un recul de 2,31 % à 45,65 euros. Le sidérurgiste, sensible aux perspectives de croissance mondiale, pâtit de l'atmosphère générale de prudence.
Le luxe souffre également : Kering chute de 2,05 % à 250,50 euros, L'Oréal de 1,86 % à 352,55 euros et EssilorLuxottica de 1,85 % à 206,90 euros. Ces valeurs de consommation discrétionnaire, dont les valorisations sont sensibles à l'évolution des taux d'intérêt, subissent de plein fouet le durcissement des anticipations monétaires.
Société Générale ferme la marche des plus fortes baisses du CAC 40 avec un repli de 1,61 % à 64,60 euros. La banque, dont la rentabilité est pourtant théoriquement favorisée par la remontée des taux, n'échappe pas à la défiance globale qui affecte la cote ce vendredi.
À Wall Street, le Dow Jones avait clôturé jeudi à 47 417 points, stable, et le S&P 500 à 6 775 points. En Asie, le Nikkei 225 a terminé la séance de jeudi en baisse de 1,04 %, tandis que le Hang Seng a reculé de 0,70 %. La fin de semaine s'annonce donc sans répit pour les marchés européens, pris en étau entre les incertitudes sur l'énergie et la nervosité sur le front des taux.