Le secteur des logiciels décroche de près de 30 % en trois mois, pris dans un étau baissier que rien ne semble desserrer
Alors que le CAC 40 ne cède que 0,43 % sur la même période, le compartiment Logiciels de la cote parisienne accuse un repli de 28,95 % en trois mois — un écart de performance rarement observé. Ce vendredi 20 mars, la séance a encore enfoncé le clou : le secteur recule de 2,65 %, contre 1,82 % pour l'indice phare, dans un contexte de tension élevée sur les marchés, le VIX évoluant à 25,09 après un bond de plus de 12 % en une séance.
Dassault Systèmes et Capgemini en première ligne d'une correction généralisée
Sur les quinze valeurs du secteur, douze terminent dans le rouge ce vendredi. LECTRA accuse la plus forte chute du jour (−7,23 %), portant son repli trimestriel à −31 %. Le titre affiche un RSI tombé à 15, signe d'une survente extrême. Les deux poids lourds du compartiment, Dassault Systèmes (23 milliards d'euros de capitalisation, −2,82 % aujourd'hui) et CAPGEMINI (16,8 milliards, −2,49 %), évoluent nettement sous leurs moyennes mobiles à 50 et 200 jours, confirmant l'ampleur de la dégradation technique.
Seule exception notable, VIRIDIEN signe une performance trimestrielle de +36,74 %, mais cède tout de même 6,48 % en séance. Les secteurs comparables — Services IT (−2,67 %) et Services aux entreprises (−2,30 %) — affichent des replis similaires, suggérant une pression vendeuse large sur l'ensemble de l'écosystème technologique et de services. Le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, avec un baril de Brent au-dessus de 109 dollars et un gaz naturel en hausse de 100 % depuis fin février, alourdit le climat général et pèse sur les valorisations des valeurs de croissance, dont les multiples sont sensibles à la remontée des primes de risque.
Des signaux techniques contradictoires qui appellent à la prudence
Pour l'investisseur, le tableau est ambivalent. Le RSI sectoriel pondéré, à 36,7, se situe en zone neutre mais proche du seuil de survente, ce qui pourrait laisser entrevoir un point d'épuisement de la pression vendeuse. Plus significatif : le MACD sectoriel vient de repasser au-dessus de sa ligne de signal, un indice de dynamique haussière naissante.
Toutefois, ce frémissement technique reste fragile. Le cours moyen pondéré du secteur évolue sous ses moyennes mobiles à 50 et 200 jours, traduisant un momentum moyen et long terme encore clairement baissier. La quasi-totalité des grandes capitalisations du compartiment — Dassault Systèmes, Capgemini, Vusion, PLANISWARE — sont dans cette configuration dégradée. En l'état, le croisement MACD positif s'apparente davantage à un signal de stabilisation technique qu'à l'amorce d'un véritable retournement de tendance.
L'écart de performance de plus de 28 points avec le CAC 40 sur trois mois illustre une sous-performance sectorielle profonde, dans un environnement de marché où l'IA menace de prendre de plus en plus de parts de marché, et où le stress géopolitique et énergétique maintient la volatilité à des niveaux élevés. Les investisseurs suivront avec attention les prochaines publications trimestrielles pour évaluer si cette décote intègre déjà un ralentissement de l'activité ou si de nouvelles révisions à la baisse sont à prévoir.