Les semi-conducteurs européens accélèrent, mais restent distancés par leurs homologues américains
Le secteur des semi-conducteurs et de l'IA affiche un bond de +10,64 % sur un mois, plus du double de la performance du CAC 40 sur la même période (+4,69 %). Ce mardi en séance, la dynamique se confirme avec une hausse de +2,8 %, alors que le marché parisien ne gagne que +0,57 %. Pourtant, cette surperformance masque un écart notable avec le secteur outre-Atlantique, où les semi-conducteurs avancent nettement plus vite.
Riber et Soitec en tête d'un rallye quasi unanime
Sur les onze valeurs du secteur, dix évoluent dans le vert ce mardi. Le mouvement est porté par des acteurs de tailles très différentes. RIBER, fournisseur pour l'industrie, domine largement avec une envolée de +140,93 % sur un mois et encore +20 % aujourd'hui, suivi de SEMCO TECHNOLOGIES (+51,34 % sur la période, +13,5 % en séance). Parmi les poids lourds, SOITEC progresse de +19 % sur un mois et bondit de +8,6 % aujourd'hui, tandis qu'ASML HOLDING, première capitalisation du secteur, avance plus modestement de +2,8 %. BE SEMICONDUCTOR signe aussi une séance solide à +5,4 %.
Le contexte général accompagne le mouvement : le Nasdaq a gagné +1,23 % et le Nikkei +2,43 %, dans un environnement où les tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz n'ont pas encore freiné l'appétit pour les valeurs technologiques. Fait notable toutefois : le secteur américain des semi-conducteurs affiche une performance médiane de +18,74 % sur la même période, portée par des envolées de Corning (+35,66 %) ou encore Monolithic Power Systems (+30,37 %). L'Europe surperforme son propre marché, mais reste distancée par la dynamique américaine, signe d'un mouvement sectoriel global dont l'épicentre reste aux États-Unis.
Un momentum de moyen terme solide, mais une dynamique qui s'essouffle à court terme
Pour l'investisseur, la lecture technique du secteur invite à la nuance. Les cours pondérés des valeurs européennes se situent au-dessus de leurs moyennes mobiles à 50 et 200 jours, ce qui témoigne d'une tendance haussière confirmée tant sur le moyen que sur le long terme. Le RSI sectoriel, à 42, reste en zone neutre, éloigné de tout signal de surachat, ce qui écarte le risque immédiat de consolidation mécanique.
En revanche, le MACD sectoriel évolue sous sa ligne de signal, indiquant que la dynamique de court terme perd en intensité. Ce croisement baissier du MACD, dans un contexte où la tendance de fond reste orientée à la hausse, suggère davantage une phase de digestion qu'un retournement. L'écart avec le secteur américain interroge néanmoins : si la surperformance européenne est réelle par rapport au CAC 40, elle reste en retrait des valorisations offertes par les marchés US, ce qui pourrait traduire une moindre conviction des investisseurs sur les acteurs du Vieux Continent.