LVMH : comment l'action a perdu près de 9 points face au CAC 40 en 2025
Le géant du luxe termine l'année 2025 sur une performance de 2,5 %, très en retrait par rapport aux 10,4 % du CAC 40. Une année marquée par des turbulences majeures au premier semestre, une reprise fragile à l'automne, et des perspectives 2026 encadrées par un consensus prudent qui affiche un objectif moyen de 630 euros, soit sous le cours de clôture.
Une année sous tension : chute brutale en mars, rebond en mai, puis stabilisation
L'action LVMH termine 2025 à 645 euros, en progression de 2,5 % sur l'année, loin de la performance engrangée par le CAC 40. Cette sous-performance trouve son explication dans une séquence boursière heurtée. Début 2025, le titre affiche encore une belle dynamique, atteignant 754,8 euros fin janvier. Mais dès mars, l'ambiance change radicalement.
Entre le 3 et le 13 mars, l'action s'effondre de 12,42 % en neuf jours, passant de 690,8 à 605 euros. Les explications tiennent à la publication de résultats trimestriels décevants et à un contexte marqué par des tensions géopolitiques et commerciales, notamment liées aux menaces de droits de douane américains. Le marché chinois, crucial pour le groupe, montre alors des signes de ralentissement prononcé, avec une baisse notable des dépenses des touristes chinois au Japon. En avril, Bernard Arnault reconnaît lui-même que les difficultés sont apparues fin mars, dans un contexte bouleversé par l'incertitude douanière et les crises internationales.
La pression s'est encore accentuée en juin, où le titre touche un point bas à 436,5 euros, avant de rebondir de 10 % en quatre jours seulement. Ce sursaut technique intervient dans un environnement où les investisseurs commencent à anticiper une stabilisation, sans pour autant effacer l'inquiétude générale sur la capacité du secteur à retrouver sa dynamique d'avant 2024.
Des résultats neuf mois en recul, une guidance floue, un T3 salvateur
Sur les neuf premiers mois de 2025, LVMH affiche un chiffre d'affaires de 58 090 millions d'euros, en baisse de 4 % par rapport à la même période de 2024. Le troisième trimestre, publié mi-octobre, marque cependant un tournant : le groupe renoue avec une croissance organique de 1 %, après deux trimestres consécutifs de recul. Cette embellie, bien que modeste, a été saluée par les marchés, déclenchant un rebond de plus de 12 % en séance.
L'amélioration provient notamment d'un redressement progressif de la demande en Asie, particulièrement en Chine continentale, où les ventes locales reprennent des couleurs. La division Mode et Maroquinerie, qui pèse près de la moitié du chiffre d'affaires du groupe, reste néanmoins sous pression, avec un recul de 2 % au troisième trimestre, même si la tendance s'améliore par rapport au deuxième trimestre.
La guidance du groupe demeure prudente : LVMH indique simplement rester « confiant » dans un environnement incertain, sans fournir de chiffrage précis pour 2026. Cette absence de visibilité reflète les contraintes structurelles auxquelles le secteur fait face : tensions commerciales entre l'Europe, les États-Unis et la Chine, pressions sur les marges dans un contexte de hausse des coûts, et normalisation de la demande après les années fastes post-Covid. Les opportunités identifiées par le groupe incluent l'amélioration des tendances dans le reste de l'Asie, les performances solides de certaines marques comme Louis Vuitton et Tiffany, et les lancements de produits réussis. Côté risques, LVMH pointe l'incertitude géopolitique et économique, les fluctuations de change, le déclin des dépenses touristiques et les tensions commerciales pesant notamment sur le cognac.
2026 entre espoir de normalisation et valorisation tendue
Le consensus des analystes, affiche un objectif moyen inférieur au cours de fin d'année. Cette orientation reflète une prudence persistante sur la capacité du groupe à dégager une croissance durable en 2026. Les analystes soulignent que le retour à une croissance organique positive au troisième trimestre constitue un signal encourageant, mais que la base de comparaison reste facile et que plusieurs incertitudes demeurent. La division Mode et Maroquinerie, qui génère plus de 75 % du résultat opérationnel, n'a pas encore retrouvé son rythme de croisière, et les marges restent sous pression dans un contexte de coûts fixes élevés.
Du côté des leviers, LVMH mise sur le renouvellement créatif de ses maisons phares, avec des nominations stratégiques comme celle de Jonathan Anderson chez Dior, et sur l'amélioration de la demande locale en Chine, portée par les mesures de relance du gouvernement. Le groupe bénéficie également de sa diversification géographique et sectorielle, qui lui offre une meilleure résilience que certains de ses pairs. Mais les points de vigilance restent nombreux : l'évolution des tensions commerciales, l'impact des droits de douane américains sur les marges, la capacité à répercuter les hausses de prix sans éroder la demande, et la santé du consommateur chinois, qui reste fragile malgré les signes d'amélioration. Dans ce contexte, 2026 pourrait marquer une année de transition, entre normalisation progressive et ajustements stratégiques, sans garantie de rebond spectaculaire à court terme.