Thales : une envolée boursière de +66% en 2025, cinq fois mieux que le CAC 40
L'action Thales a signé l'une des performances les plus spectaculaires de l'année, avec un gain de 66,25% sur douze mois, nettement supérieur aux 11,04% du CAC 40. Portée par un cycle de dépenses militaires exceptionnelles, une accélération majeure en septembre et des fondamentaux en forte progression, la valeur défense a vu son cours franchir la barre des 228 euros en fin d'année. Mais après un tel parcours, les attentes se concentrent désormais sur la capacité du groupe à maintenir son élan commercial et à convertir son carnet de commandes record.
Trois phases d'accélération et un pic en septembre
L'épisode le plus marquant de l'année s'est concentré sur les deux premières semaines de septembre, avec une envolée de 18% en sept jours seulement. Cette séquence a été alimentée par un contexte géopolitique tendu, des contrats gagnés au salon DSEI 2025 et l'avancement du projet de coentreprise spatiale avec Airbus et Leonardo. En février, la publication des résultats annuels 2024 avait déjà provoqué une forte hausse (+13,13% en cinq jours), dans un contexte où les prises de commandes avaient dépassé 25 milliards d'euros et où la dynamique commerciale dans la Défense confirmait l'accélération attendue par les investisseurs. Début mars, une troisième phase haussière d'environ 11% s'était produite, reflétant le sentiment général d'un secteur porté par les annonces de réarmement européen. Ces trois mouvements expliquent l'essentiel de la surperformance de l'action sur l'année.
Des résultats à neuf mois solides, mais un message de prudence intégré
Sur les neuf premiers mois de l'année, Thales a enregistré un chiffre d'affaires de 15 256 millions d'euros, en hausse de 8,4% par rapport à la même période en 2024. Cette croissance reste tirée par la Défense, avec une montée en cadence des livraisons de radars, de systèmes de guerre électronique et d'avionique embarquée. La dynamique commerciale s'est confirmée robuste, avec des prises de commandes dépassant les attentes et un ratio book-to-bill supérieur à 1. La guidance 2025, confirmée à plusieurs reprises, table sur un chiffre d'affaires annuel compris entre 21,8 et 22,0 milliards d'euros, une croissance organique de 6 à 7%, et une marge d'EBIT ajusté de 12,2 à 12,4%. Mais cette feuille de route repose sur des hypothèses de stabilité macroéconomique, géopolitique et tarifaire. Toute modification de ces paramètres pourrait altérer la trajectoire, notamment en cas de fluctuation des tarifs douaniers ou de ralentissement dans certaines géographies. Le groupe a par ailleurs identifié des fragilités dans les activités Cyber Services et sur les marchés de satellites de télécommunications, deux segments en cours de restructuration.
2026 : visibilité élevée mais attentes à surveiller
Le consensus des analystes, établi par 17 bureaux d'études, situe l'objectif de cours moyen à 275 euros, soit un potentiel de hausse de 20,3% par rapport au cours de clôture de 228,6 euros en fin d'année. Ce soutien reflète une lecture favorable des fondamentaux : carnet de commandes historique, montée en cadence industrielle, et exposition directe au cycle de réarmement européen. Le contexte géopolitique continue de jouer en faveur du groupe, avec une demande soutenue pour les équipements militaires, les munitions et les systèmes radar. Les projets structurants comme IRIS² renforcent la visibilité à long terme, même si le spatial télécoms reste sous pression. Côté risques, l'intégration d'Imperva dans le Cyber reste un facteur de vigilance à court terme, tout comme la dépendance à l'exécution de grandes commandes. La branche Cyber & Digital, en repli de 3,8%, demeure un point d'attention, avec une amélioration attendue progressive mais conditionnée à la stabilisation des équipes et au recentrage commercial. Enfin, les perspectives 2026 dépendront largement de la matérialisation effective des annonces budgétaires européennes en nouveaux contrats, un facteur encore incertain dans un environnement politique fragmenté.