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Capgemini et Orano annoncent le déploiement de Hoxo, un robot humanoïde doté d’intelligence artificielle, sur le site d’Orano Melox dans le Gard. Destiné à collaborer avec les équipes en environnement nucléaire, Hoxo entame une phase de test de quatre mois. Ce lancement marque une inflexion stratégique pour l’automatisation des tâches à haute valeur technique dans un secteur sensible.
Dévoilé à l’École des métiers d’Orano Melox, Hoxo se distingue comme le tout premier robot humanoïde conçu spécifiquement pour le secteur nucléaire. Equipé d’intelligence artificielle embarquée et de capteurs sophistiqués, il réalise des opérations techniques complexes, en autonomie ou en interaction avec les équipes humaines. Les essais, menés pendant quatre mois par les ingénieries d’Orano Melox, visent à valider la capacité du robot à exécuter des contrôles de surfaces potentiellement contaminées ou la manipulation de petits objets. La direction de Capgemini souligne que ce projet incarne la convergence de la vision industrielle, de la robotique et de l’IA, illustrant une ambition de réécrire les codes de la collaboration homme-machine sur les sites sensibles. Alexandre Embry, vice-président et CTIO de Capgemini, évoque « une intelligence artificielle physique » comme nouveau vecteur de performance pour l'industrie nucléaire.
L’intégration de Hoxo répond à une double ambition : optimiser la sécurité et la performance opérationnelle sur les chantiers nucléaires. Par sa mobilité et sa précision, le robot vise à seconder les opérateurs dans les interventions les plus répétitives ou à faible valeur ajoutée, tout en limitant leur exposition aux zones à risque. À l’aube de la relance industrielle du nucléaire français, l’automatisation est progressivement intégrée dès la conception des futures usines, avec des espaces dédiés à la recharge ou au changement de batterie – une évolution indispensable pour garantir l’opérabilité de robots, Hoxo affichant pour l’instant une autonomie de trois heures. Selon Matthieu Rosenberg, responsable innovation chez Orano Melox, il faut prévoir des aménagements spécifiques pour permettre à ces robots de fonctionner en continu. L’automatisation, loin d’être gadget, s’impose ainsi comme axe stratégique pour renforcer la compétitivité de la filière.
Le déploiement de Hoxo ouvre la voie à une redéfinition du rôle des équipes humaines dans l’industrie nucléaire. Si le robot doit gagner en maturité et démontrer la fiabilité de ses algorithmes en conditions réelles, il s’envisage à terme comme un relais pour soulager les opérateurs dans les tâches répétitives et les interventions délicates. Le recours à une intelligence embarquée, déconnectée de tout réseau, garantit une sécurité contre les risques cyber, une préoccupation majeure dans l’écosystème industriel. Toutefois, la robotisation implique d’adapter l’organisation et la logistique des sites, avec l’aménagement de points de rechargement et la supervision constante des capacités d’autonomie. Pour les investisseurs, l’intégration de robots comme Hoxo ne se limite donc pas à l’apport technologique : elle questionne la structure même de la performance industrielle et la gestion des compétences humaines, appelées à évoluer en synchronie avec ces nouveaux outils.