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Cette décision intervient alors que la fermeture du montage financier du projet, piloté par EDF et plusieurs partenaires internationaux, vient d'être annoncée. L'implication de l'État français à travers Bpifrance Assurance Export consolide la place de la filière nucléaire française sur la scène internationale et intensifie la coopération avec le Royaume-Uni.
Le chantier de Sizewell C, évalué à 38 milliards de livres sterling — soit environ 45 milliards d’euros — s’inscrit dans la lignée des grands projets nucléaires européens portés par EDF. Avec cette nouvelle centrale, le Royaume-Uni renforce ses capacités de production bas-carbone, alors que les deux réacteurs EPR de Hinkley Point C ne sont pas encore sortis de terre. L’intervention française, via la garantie d’un prêt crédit-export structuré autour d’un pool bancaire piloté notamment par SFIL (filiale de la Caisse des Dépôts) et soutenu par une quinzaine d’établissements, permet de sécuriser un financement à long terme : 15 ans de construction et 15 ans d’amortissement sont prévus. La garantie de l’État français protège les banques prêteuses contre de multiples risques, du défaut politique à la catastrophe naturelle, avec une couverture portée à hauteur de 4,7 milliards de livres. Ce schéma permet d’optimiser le coût de la dette et d’abaisser le risque financier pour l’ensemble des parties prenantes, tout en offrant une vitalité précieuse à la filière industrielle tricolore.
Cette garantie de Bpifrance Assurance Export dépasse la simple opération commerciale. Sur le plan diplomatique, elle traduit une volonté politique affirmée de consolider les synergies industrielles entre la France et le Royaume-Uni, tout en réaffirmant l’excellence technologique française dans le nucléaire civil. EDF, Edvance, Framatome et Arabelle Solutions s’imposent en partenaires clés du consortium, avec une quarantaine de fournisseurs français mobilisés pour fournir savoir-faire et technologies. Selon le Gouvernement français, ce soutien vise autant à assurer la compétitivité de l’industrie nucléaire nationale qu’à pérenniser des emplois qualifiés et à capitaliser sur l’effet de série des EPR de nouvelle génération. Les autorités françaises assument ainsi un choix stratégique, en positionnant l’Hexagone comme une force motrice des grandes infrastructures énergétiques européennes.
La participation d’EDF à hauteur de 12,5 % dans le capital du projet, pour un investissement de 1,1 milliard de livres durant la construction, consolide la présence de l’électricien sur un marché stratégique d’envergure mondiale. Outre son rôle d’investisseur, le groupe intervient comme fournisseur d’ingénierie, de matériels clés (chaudières nucléaires, générateurs de vapeur, contrôle-commande de sûreté) et de turbines grâce à Arabelle Solutions. Cet engagement, qui vient s’ajouter au programme britannique de financement par le National Wealth Fund, offre à la filière tricolore une double opportunité : sécuriser des commandes export significatives et capitaliser sur le retour d’expérience pour ses propres projets EPR2 en France. L’ensemble du dispositif garantit l’ancrage de compétences industrielles sur plusieurs décennies et contribue à la résilience du tissu économique dans un contexte de relance de l’atome en Europe.