Japon, Chine, Europe, États-Unis : l’équilibre fragile des économies mondiales
Alors que la volatilité retombe et que les marchés se rapprochent de leurs sommets, les signaux économiques envoyés par les grandes régions sont contrastés.
Le Japon s’apprête possiblement à tourner une page monétaire vieille de vingt-cinq ans, la Chine montre des fragilités persistantes, et l’Europe comme les États-Unis évoluent dans un équilibre encore précaire.
Les obligations gouvernementales japonaises ont été les plus faibles de la semaine : le rendement à 10 ans a bondi à 1,939 %, tout près du seuil psychologique des 2 %, niveau jamais atteint depuis 1998. Pour la Banque du Japon, qui évoque ouvertement une hausse de taux lors de sa réunion du 19 décembre, il s’agit d’un tournant historique. Mais cette inflexion pourrait défier l’agenda pro-croissance de la Première ministre Takaichi, créant un risque de conflit similaire à celui observé au début des années Abe.
L’inquiétude de la banque centrale repose sur l’incapacité persistante à atteindre 2 % d’inflation, mais aussi sur les signes d’une nouvelle bulle immobilière, les prix des appartements progressant au rythme le plus rapide depuis les années 1990. La coordination exigée par l’article 4 de la loi sur la BoJ pourrait ne pas suffire à éviter les tensions.
Une Chine fragilisée
En Chine, les indicateurs restent dégradés : PMI manufacturier à 49,2, non manufacturier sous 50 pour la première fois depuis près de trois ans. La combinaison surtensions immobilières, confiance affaiblie et surcapacité industrielle interroge la trajectoire de 2026. Selon l’analyse du commentaire, une croissance inférieure à 4,5 % pourrait conduire Pékin à lancer une relance d’ampleur.
En Europe, l’inflation globale accélère légèrement (2,2 %), mais les éléments sous-jacents ralentissent. Les taux annualisés des services refluent, et les effets de base devraient jouer en faveur d’une baisse en décembre. La Suisse en donne un avant-goût, avec une inflation revenue à 0 %.
Aux États-Unis, la résilience domine : ventes du Black Friday en hausse de 4,1 %, ralentissement des licenciements, indice ISM des services au plus haut depuis février. La croissance pourrait atteindre 3,5 % au troisième trimestre 2025. Le principal risque 2026 réside paradoxalement dans une réaccélération économique, nourrie par la déréglementation et le “US Big Beautiful Bill”.
La question sous-jacente demeure : la vigueur américaine peut-elle se prolonger sans provoquer un nouveau cycle de hausse du dollar et un resserrement des conditions financières mondiales ?