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Électricité : pourquoi les prix baissent… sauf sur votre facture

Alors que le gouvernement martèle que la France reste l'un des pays européens où l'électricité est la moins chère, un constat s'impose : les factures ne reflètent pas la chute des prix de marché.

Selon l'analyse d'Hello Watt, le décalage vient du mécanisme même du tarif réglementé de vente (TRV), encore indexé sur les coûts élevés de 2023 et 2024. Résultat : les ménages paient aujourd'hui plus cher qu'ils ne le devraient, tandis que les offres de marché deviennent, pour la première fois depuis longtemps, clairement plus compétitives. Décryptage structuré d'un paradoxe énergétique.

Électricité : pourquoi les prix baissent… sauf sur votre facture
Temps de lecture : 2 minute(s) - Par | Publié le 28-11-2025 07:00

Pourquoi les prix baissent… mais pas les factures

Les données publiées par Hello Watt rappellent d’abord une vérité souvent perdue dans le débat public : la France n’est pas le pays où l’électricité est la moins chère d’Europe. Avec un prix moyen affiché de 25,24 c€/kWh, elle se situe au troisième rang, derrière l’Espagne et les Pays-Bas. La comparaison demeure favorable par rapport à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, mais la France n’occupe plus la première marche du podium.

Ce constat serait anecdotique s’il ne s’accompagnait pas d’une apparente contradiction : les prix de marché ont été divisés par deux en un an, retrouvant des niveaux proches d’avant-crise. Pourtant, les consommateurs français ne voient rien — ou presque — de cette baisse. Le responsable est identifié : le TRV, encore très largement utilisé (60 % des foyers), fonctionne avec un mécanisme de lissage sur deux ans. Autrement dit, le tarif payé en 2025 et 2026 reflète encore le coût du marché de 2023 et 2024, années marquées par la flambée post-crise énergétique.

Ce système, conçu pour éviter les variations brutales, produit aujourd’hui l’effet inverse : il retarde la baisse, rendant invisible l’amélioration récente des prix de gros. Le rôle de l’ARENH, dispositif qui permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter une part de l’électricité nucléaire à prix fixe, complique encore le tableau : sa disparition fin 2025 contribue mécaniquement à maintenir le TRV à un niveau élevé, par manque de visibilité sur la part nucléaire.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a d’ailleurs prévenu que le tarif pourrait rester stable en 2026, même si le marché continue de s’assagir. Le consommateur se retrouve donc dans une sorte de « réalité décalée », où la dynamique des marchés ne se reflète plus dans sa facture.

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Attendre une baisse de taxes

Face à ce décalage structurel, l’analyse d’Hello Watt insiste sur un point essentiel : il serait illusoire d’attendre une baisse fiscale de 10 % pour réduire sa facture. Même si elle se produisait, son effet resterait limité, car la taxation s’applique de manière uniforme à toutes les offres. De plus, la réforme fiscale annoncée par le gouvernement n’est pas immédiate, et son impact potentiel demeure incertain à l’échelle du consommateur.

En revanche, la concurrence entre fournisseurs produit aujourd’hui un écart inédit : certaines offres de marché affichent jusqu’à –20 % par rapport au TRV sur le prix du kWh HT. Ce niveau d’écart, presque un record depuis la libéralisation de 2007, s’explique simplement : contrairement au TRV, les offres de marché répercutent immédiatement la baisse du prix de gros.

Ceux qui restent au TRV continuent ainsi de payer un tarif reflétant des coûts anciens, beaucoup plus élevés que ceux observés aujourd’hui. Une situation d’autant plus paradoxale que le TRV, historiquement vu comme le tarif « refuge », est devenu structurellement désaligné de la réalité économique.

L’analyse de Sylvain Le Falher, cofondateur d’Hello Watt, résume parfaitement la situation :
« Les prix de marché retrouvent leurs niveaux d’avant-crise, mais le tarif réglementé demeure 23 % plus cher qu’en 2020. Les Français qui restent au TRV paient aujourd’hui leur énergie plus cher qu’ils ne le devraient. Changer d’offre est le seul moyen de bénéficier réellement de la baisse. »

L’autre avantage, rarement mis en avant, est que toute baisse future de fiscalité profitera également aux contrats de marché. Autrement dit : en changeant d’offre, l’utilisateur profite immédiatement des prix bas, et potentiellement de futures baisses fiscales.

Pour les ménages, l’enjeu devient donc clairement tactique : choisir une offre alignée sur les marchés de gros permet d’économiser dès maintenant, sans attendre la lente digestion des années 2023–2024 par le TRV.


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