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Loin des profits records des grands groupes, les Français s'appauvrissent



D'un côté, des grands groupes aux profits colossaux. De l'autre, des particuliers qui subissent l'inflation et des pertes sur leur épargne. Ces 2 mondes sont-ils devenus irréconciliables ?


Temps de lecture : 5 minute(s) - | Mis à jour le 13-10-2023 15:59:00 | Publié le 14-02-2023 14:21  Photo : Shutterstock  

2022 : une année de perte de pouvoir d'achat

La forte hausse des prix, impulsée par la sortie du Covid puis par le déclenchement de la guerre en Ukraine, pèse sur les ménages. Les particuliers subissent une inflation que le pays n'avait plus connue depuis 1985. Sauf qu'à l'époque, les salaires y étaient indexés. Chaque augmentation des prix se traduisait automatiquement sur une progression des salaires.

Au début des années 1980, ce lien entre prix et salaires était considéré comme facteur de la spirale haussière. L'augmentation des salaires poussant les entreprises à augmenter les prix, ce qui entraînait une nouvelle hausse des salaires. À partir de 1983, le gouvernement a donc fait le choix de la désindexation. Deux ans plus tard, l'inflation repassait sous les 5%, pour finalement osciller entre 2 et 3% pendant près de 40 ans.

Avec le retour d'une inflation à 5,2% en 2022, le niveau des salaires a augmenté moins que celui des prix. Selon la DARES, au 3ème trimestre, la rémunération des ouvriers et employés a gagné 4,5% en moyenne et celle des cadres 2,8%. Les particuliers ont donc subi une baisse de leur pouvoir d'achat.

Faut-il réindexer les salaires sur l'inflation ?
Avec les prix qui s'affolent, certains syndicats comme la CGT ou députés comme François Ruffin (LFI) demandent à réindexer les salaires sur l'inflation. Des économistes craignent cependant que cette démarche aboutisse à une nouvelle spirale de hausse des prix. Selon le journaliste économique François Lenglet, « poser la question de l'indexation, c'est se demander qui doit payer pour l'inflation. Car indexer, c'est faire payer les entreprises. Et ne pas le faire, c'est taxer les salariés. » (RTL, mai 2022).

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L'épargne perd aussi de la valeur depuis quelques années

L'épargne n'est plus un rempart contre la baisse du pouvoir d'achat. Même si en 2022, les taux d'intérêt ont été tirés vers le haut, cela fait quelques années qu'ils ne suffisent plus à contrer l'inflation. Depuis la désindexation du livret A en 2017, ce placement ne compense plus les hausses de prix même modérées. Du côté des fonds en euros sur les assurances-vie, les rendements bruts sont inférieurs à l'inflation depuis 2 à 3 ans.

Pour les épargnants qui ont investi dans des produits financiers, c'est la douche froide. L'année 2022 a été marquée par la chute des valeurs boursières. Les incertitudes liées à la flambée de l'énergie et aux tensions géopolitiques avec la Russie et la Chine ont pesé sur la bourse.

Ainsi, le CAC40 a perdu près de 10% en un an. Le Dow Jones a reculé de près de 9%, le Nasdaq de 33%, L'Euro Stoxx 50 de 12%... La valeur des portefeuilles détenus par les particuliers au sein des PEA, assurances-vie multisupports et plans d'épargne retraite (PER) a fondu comme neige au soleil. Un constat d'autant plus amer qu'avec la loi Pacte de 2019, le gouvernement incitait les particuliers à investir sur les marchés financiers pour préparer leur retraite.

Bien sûr, la bourse évolue et d'autres années seront meilleures. Mais en parallèle de la baisse du pouvoir d'achat des salaires et de l'épargne, la distribution record de dividendes en 2022 et l'annonce de résultats impressionnants pour de nombreuses grandes entreprises, ne peut laisser indifférent.

2023 : une année record pour les dividendes du CAC40


Si la valeur des titres cotés en bourse a chuté en 2022, l'année a aussi été marquée par des profits historiques pour beaucoup de grandes entreprises. Certaines d'entre elles évoluent dans les secteurs qui ont subi les plus fortes hausses des prix. Certes, les dividendes distribués l'année dernière concernaient les bénéfices enregistrés sur 2021, soit avant la crise. Mais le contraste reste saisissant et teinté d'anachronisme.

L'année 2023 risque d'être encore plus marquante. En ce début d'année, les résultats des grandes entreprises sont publiés les uns après les autres. Beaucoup affichent des progressions à 2 chiffres. Selon les estimations de FactSet, les bénéfices des sociétés du CAC40 devraient atteindre 172 milliards d'euros. C'est 34% de plus que l'année dernière et le double de 2019, avant le covid.

Il faudrait se réjouir que les fleurons de l'industrie française réalisent de tels résultats dans un contexte économique difficile. Cela pourrait être le cas, si le fossé entre le quotidien des particuliers et les résultats des grands groupes ne tendait pas à se creuser de manière disproportionnée.


Bénéfices du CAC40 : des annonces qui passent mal

Le 7 février dernier, BNP Paribas annonçait un bénéfice historique à plus de 10 milliards d'euros, en hausse de 7,5% par rapport 2021, année déjà record. Pendant ce temps, autour d'un million de Français manifestaient contre la réforme des retraites, le gouvernement estimant que sans elle, le système serait en déficit de... 10 milliards d'euros par an. Quelques heures plus tard, le même groupe annonçait la suppression de 921 postes de la branche « crédit à la consommation ». Le groupe a depuis corrigé en parlant de « restructuration » et non de « licenciement ».

En décembre 2022, le gouvernement annonçait une prochaine hausse de 5% du tarif des péages d'autoroute. Le 9 février, Vinci rendait public un bénéfice net de 4,26 milliards d'euros en hausse de 64%, dont une bonne partie provient de la branche Concessions, à laquelle Vinci Autoroutes appartient.

Parmi les grands groupes, Total concentre régulièrement toutes les critiques. Ce sera probablement encore le cas cette fois. La société vient d'annoncer un bénéfice record à 20,5 milliards, en hausse de 4,5% par rapport à l'année précédente, et ce malgré ses pertes en Russie. Il s'agit du plus haut bénéfice de son histoire.

Comment ne pas s'interroger sur cette démesure, alors que les prix à la pompe oscillent autour des 2 euros et que l'État, déjà fortement endetté, distribue chèques énergies et aides carburant ? D'autant que selon l'Obs, Total aurait reçu plus d'argent public que ce que le groupe a payé d'impôts en France ces 10 dernières années.

La déconnexion s'accentue un peu plus en relisant la tribune co-signée dans le JDD par le président de Total Patrick Pouyanné en juin 2022, appelant les Français à une "sobriété d'urgence" pour faire face à la flambée des coûts de l'énergie.

Plus que jamais, la question du partage des richesses se pose

La France n'est évidemment pas la seule à constater des écarts à la limite du supportable en temps de crise. Aux Etats-Unis, Joe Biden a récemment qualifié les géants pétroliers de « profiteurs de guerre ». Un terme qui avait été employé par Emmanuel Macron en mars 2022, sans que quiconque ne soit visé ni mis à contribution en cette période difficile.

Faute de taxer les « superprofits », la France a adopté une « contribution temporaire de solidarité », transposant un règlement européen. L'État devrait ainsi recevoir environ « 200 millions d'euros », selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Une goutte d'eau dans la mer face au coût du bouclier tarifaire estimé à 21 milliards d'euros pour les finances publiques. Ou aux 200 milliards de dollars de bénéfices engrangés par les 5 plus grosses compagnies pétrolières mondiales en période de crise énergétique, soit l'équivalent du PIB de l'Ukraine en 2022 (chiffre de la Banque mondiale).

Le 10 février, la ministre de la Transition Énergétique Agnès Pannier-Runacher a appelé Total à « investir dans le renouvelable » et à « investir en France ». L'investissement : c'est ce qu'espère le gouvernement français : que ces profits records servent à financer de nouvelles activités économiques localement tout en développant l'emploi. C'est d'ailleurs la première justification invoquée pour ne pas taxer les superprofits quand d'autres pays l'on fait, comme le Royaume-Uni.

Mais selon l'économiste Patrick Artus, conseiller économique de Natixis et anciennement administrateurs de Total, les grands groupes investissent au contraire de moins en moins malgré un taux de profit en hausse. Au lieu d'être utilisés pour créer de nouvelles richesses, les bénéfices servent notamment à racheter leurs propres actions ou d'autres actifs (immobilier, entreprises...) et, in fine, à augmenter le bénéfice des gros actionnaires.
« Ceci constitue une anomalie grave, qui met en cause en réalité le fonctionnement du capitalisme », conclut-il.

Des sommes colossales concentrées entre quelques mains
Selon Euronext, environ 38% du capital des 120 plus grandes entreprises françaises est détenu par des sociétés de gestion d'actifs (BlackRock, Vanguard, Amundi...) et des familles fortunées (Bettancourt, Arnault, Pinault). Les investisseurs particuliers et salariés représentent respectivement 3,9% et 2,4% des actionnaires, et l'État Français 4%.

En France, 1% des personnes les plus riches détiennent environ 25% du patrimoine local (ils en détiennent 35% aux Etats-Unis). À l'échelle mondiale, l'écart semble se creuser : selon une étude d'Oxam, depuis 2020, les 1% les plus riches ont capté les 2/3 de la création de richesse.

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