Sale temps pour les épargnants : l'appauvrissement invisible issu des placements sans risque
La plupart des placements sans risques ne permettent même plus de protéger son capital de l'inflation. Une situation paradoxale, alors que 65% des Français considèrent qu'ils doivent se constituer un capital-retraite par leurs propres moyens.
La plupart des supports sans risques font aujourd'hui perdre de l'argent
Difficile, voire impossible désormais, de trouver un livret d'épargne sans risque qui procure un minimum de rendement.
Traditionnellement, le livret A, comme le LDDS, permettait de sécuriser son capital. Aujourd'hui, les épargnants peuvent être sûrs à 100% qu'ils y perdent de l'argent d'année en année. La raison : une inflation à 1,6% face à un taux de rémunération du livret A de 0,75%.
En clair : la hausse générale des prix est supérieure au rendement du livret, ce qui fait baisser le pouvoir d'achat de l'argent placé. Une situation que l'on n'avait pas vue depuis 1986. D'après l'association de défense des consommateurs CLCV, la conséquence est un manque à gagner de 3,6 milliards d'euros pour les ménages en 2018.
Les PEL et CEL ne sont pas plus favorables. Pires, les maigres revenus que l'on pourrait en tirer sont désormais fiscalisés...
Sauf à voir un changement soudain, la situation ne va pas s'améliorer : les taux sont gelés jusqu'en 2020 et la Banque Centrale Européenne a pour objectif de maintenir l'inflation proche de 2%. Par la suite, l'entrée en vigueur du nouveau mode de calcul de la rémunération du Livret A devrait le figer sous le niveau d'inflation.
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Les livrets bancaires... de qui se moque-t-on !
Oubliez tout de suite de vous replier sur les livrets bancaires traditionnels, à moins que votre but soit de perdre de l'argent : ceux-ci affichent péniblement un taux compris entre 0,05% (!) et 1% brut par an. Une situation qui pourrait presque prêter à rire, sauf que leurs maigres revenus sont par ailleurs fiscalisés au taux de 30% !
Concrètement, si vous placez 1000 € sur un de ces livrets, vous « gagnerez » entre 0,50 € et 10€ brut au bout d'un an. Une fois la part de l'État prélevé, il vous restera entre 0,35 € et 7 €. Bien sûr, comme pour le livret A, l'inflation achèvera le travail en venant rogner votre capital. Ce type de placement est clairement pénalisant pour les épargnants.
Les fonds en euros des assurances-vie se maintiennent tant bien que mal
Bien que les rendements s'érodent d'année en année, les fonds en euros des assurances-vie résistent, affichant globalement des taux brut entre 1,30% et 2,20% brut. Une fois prise en compte l'inflation, ils vous permettent tout juste de préserver votre capital.
Le problème, c'est que les assureurs conditionnent de plus en plus l'accès aux fonds en euros à taux bonifié à l'investissement au travers d'une assurance-vie multisupport. Or, cet autre type de contrat implique de placer une partie de son épargne sur les marchés financiers... qui sont par ailleurs en nette baisse.
Les marchés financiers sont en recul, mais les entreprises restent rentables
Depuis le milieu de l'année 2018, les valeurs boursières sont en repli. L'érosion des valeurs semble interminable. Le CAC 40 a perdu environ 13% en 2018, l'Euro Stoxx 50 plus de 15% (valeurs européennes), le Nasdaq 10% (valeurs américaines), le Nikkei 11% (valeurs japonaises)... Le premier semestre 2019 reste incertain, mais les marchés semblent avoir atteint la fin d'un cycle haussier, post-crise de 2008.
Ce recul impacte la plupart des produits d'investissement basés sur les marchés financiers : placements en unités de compte sur les assurances-vie multisupport, FCPR, OPCVM...
Toutefois, la baisse de la valeur d'échange des titres financiers ne doit pas masquer la bonne santé générale des entreprises : elles continuent de distribuer des dividendes et de rembourser leurs emprunts obligataires. Or, la rentabilité d'un titre dépend du revenu qu'elle procure, ramené à son prix d'achat. Pour contrer ces cycles baissiers, l'investissement en bourse doit s'envisager sur le long terme. Un des principaux risques étant de revendre au moment où les titres sont au plus bas.
Même si un marché en baisse peut ouvrir des opportunités, les épargnants sont loin d'être tous prêts à investir en bourse. Au-delà du risque de perdre une partie de son capital, la rentabilité n'est pas leur première préoccupation : ceux-ci souhaitent d'abord sauvegarder leur capital pour faire face aux aléas de la vie et préparer leur retraite.