PLF 2026 : la fiscalité patrimoniale sous tension
Le PLF 2026 propose des modifications fiscales impactant les ménages, notamment des taxes sur les holdings et une prorogation de contributions existantes.
Des ajustements fiscaux symboliques mais sensibles
Parmi les dispositions phares figure une taxe de 2 % sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales, visant les structures cumulant quatre critères : taille, contrôle, passivité et statut de holding de tête. Cette mesure, encore en discussion, vise à mobiliser davantage les patrimoines dormants pour le financement de l’économie réelle.Autre point sensible : l’absence de revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu, dans un contexte d’inflation encore élevée. En pratique, cela se traduirait par une hausse mécanique de la pression fiscale pour de nombreux ménages, par le simple effet du glissement de leurs revenus dans les tranches supérieures.
Le gouvernement prévoit aussi la prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) pour une année supplémentaire. Introduite en 2011, cette contribution concerne les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros pour une personne seule. Elle devait s’éteindre fin 2025, mais sa prolongation permettrait de préserver environ 400 millions d’euros de recettes.
Retraite, dons et épargne : précisions techniques
Le PLF introduit un abattement forfaitaire de 2 000 € sur les pensions de retraite, remplaçant l’actuel abattement de 10 %. Le dispositif, plus lisible, serait toutefois défavorable aux retraités aux revenus modestes, d’autant que l’abattement supplémentaire pour les plus de 65 ans serait supprimé, sauf sous conditions de ressources.Le texte propose également d’augmenter le plafond de versement ouvrant droit à la réduction d’impôt pour dons — de 1 000 à 2 000 euros — lorsque ces dons sont effectués au profit des personnes les plus démunies, avec un taux de réduction de 75 %.
Enfin, la réduction d’impôt “Madelin” pour les souscriptions à des FCPI et FIP serait remplacée par un crédit d’impôt de 30 %, afin de simplifier la fiscalité de l’investissement dans les PME innovantes.
En résumé, un projet de loi dense, centré sur la stabilité des recettes et la responsabilisation des investisseurs patrimoniaux.