Powell et le put : le fil tendu de la Fed
Powell jongle entre politique monétaire et tensions électorales américaines, influençant marchés et décisions à l'approche de l'élection présidentielle.
Une politique monétaire sous surveillance électorale
Lors de sa conférence de presse du 29 octobre, Jerome Powell a envoyé un message ambivalent. D’un côté, il a reconnu les signaux positifs d’une désinflation en cours, citant un déflateur de la consommation « autour de 2,3 à 2,4 % ». De l’autre, il a refroidi les attentes d’un nouvel assouplissement en décembre. L’économie américaine, dit-il, reste « modestement restrictive » : une façon de rappeler que la Fed garde la main… tout en évitant de provoquer un emballement des marchés.
La prudence de Powell s’explique autant par les chiffres que par le contexte politique. Les débats internes au comité monétaire sont vifs : Jeffrey Schmid, président de la Fed de Kansas City, s’est opposé à toute nouvelle baisse de taux, quand Stephen Miran, proche de l’administration Trump, plaide au contraire pour une détente plus marquée. En toile de fond, la campagne présidentielle américaine ravive les tensions autour de l’indépendance de la Banque centrale.
Pour François-Xavier Chauchat, membre du comité d’investissement de Dorval Asset Management, « la politique monétaire demeure un peu restrictive, mais garde la possibilité de s’assouplir : c’est un environnement quasi idéal pour les marchés ». Autrement dit, le fameux put de la Fed – sa capacité à intervenir en cas de turbulences – reste bien présent, même s’il devient plus politique que technique.
Entre désinflation et risques de retour de flamme
Les données récentes confortent le scénario d’une économie apaisée. Les loyers ralentissent, le marché du travail montre des signes d’essoufflement, et les entreprises modèrent la hausse de leurs prix de vente. Selon S&P Global, les industriels américains n’ont plus le même pouvoir de fixation des prix, contraints par une demande plus molle et une concurrence accrue. Même l’emploi privé a reculé en septembre selon l’enquête ADP, confirmant la tendance à la désinflation salariale.
Mais ce fragile équilibre reste menacé. Si le marché du travail se raffermit et que les droits de douane voulus par Donald Trump continuent d’alimenter les coûts d’importation, la baisse des taux pourrait s’interrompre plus tôt que prévu. Dans ce contexte, la Fed avance sur une ligne de crête : ne pas contrarier la croissance, sans relancer l’inflation.
Powell le sait : chaque mot prononcé est désormais un signal politique autant qu’économique. À l’approche de 2026, les investisseurs guettent moins la prochaine décision monétaire que la réaction de Wall Street. Pour l’heure, le put de la Fed demeure intact, mais l’équilibriste avance sur un fil de plus en plus tendu.
Entre désinflation et risques de retour de flamme
Les données récentes confortent le scénario d’une économie apaisée. Les loyers ralentissent, le marché du travail montre des signes d’essoufflement, et les entreprises modèrent la hausse de leurs prix de vente. Selon S&P Global, les industriels américains n’ont plus le même pouvoir de fixation des prix, contraints par une demande plus molle et une concurrence accrue. Même l’emploi privé a reculé en septembre selon l’enquête ADP, confirmant la tendance à la désinflation salariale.
Mais ce fragile équilibre reste menacé. Si le marché du travail se raffermit et que les droits de douane voulus par Donald Trump continuent d’alimenter les coûts d’importation, la baisse des taux pourrait s’interrompre plus tôt que prévu. Dans ce contexte, la Fed avance sur une ligne de crête : ne pas contrarier la croissance, sans relancer l’inflation.
Powell le sait : chaque mot prononcé est désormais un signal politique autant qu’économique. À l’approche de 2026, les investisseurs guettent moins la prochaine décision monétaire que la réaction de Wall Street. Pour l’heure, le put de la Fed demeure intact, mais l’équilibriste avance sur un fil de plus en plus tendu.