Rapport Draghi, un an après : l’Europe face à ses contradictions
Sans réaction rapide, l'Europe pourrait perdre en compétitivité et souveraineté, alerte Mario Draghi.
Des besoins financiers colossaux
En 2024, Draghi chiffrait les besoins additionnels de l’UE à 800 milliards d’euros par an. Douze mois plus tard, le montant atteint 1 200 milliards par an entre 2025 et 2031. Cette envolée résulte de trois facteurs : la transition énergétique, qui exige des réseaux massifs d’électricité et de stockage ; la transition numérique, accélérée par l’IA ; et la défense, où la guerre en Ukraine a fait exploser les budgets.
Europe divisée
Face à la Chine et aux États-Unis, l’Europe reste handicapée par sa fragmentation. « Nos concurrents investissent massivement. Si nous restons divisés, nous perdrons à la fois en compétitivité et en souveraineté », a martelé Draghi lors d’une conférence récente.
Une dette commune comme levier
L’ancien président de la BCE réitère sa proposition : émettre une dette européenne commune pour financer ces biens publics stratégiques. Les innovations de rupture, les infrastructures énergétiques et la R&D militaire doivent, selon lui, être financées collectivement. La BCE soutient cette idée, y voyant le seul moyen de mobiliser des montants comparables à ceux des Américains et des Chinois.