Retraite en Europe : entre espoirs et réalités
Les Européens donnent la priorité à la retraite, mais leur confiance reste faible en raison des inégalités et de l'inflation.
Une priorité… mais une confiance en demi-teinte
La retraite reste la préoccupation numéro un des ménages européens. La grande enquête 2025 menée par Fidelity International auprès de 5 500 investisseurs particuliers dans six pays (France, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suisse) révèle que la constitution d’une pension est citée comme objectif financier majeur, devant l’épargne de précaution et l’achat immobilier.
Pourtant, la confiance des Européens dans leur préparation reste modeste. En Espagne, 66 % des actifs estiment être en bonne voie pour atteindre leur objectif de revenu à la retraite, contre 64 % en Allemagne et 63 % en Suisse. En Italie, seul un actif sur deux se déclare confiant. La France se situe dans une zone intermédiaire, marquée par une confiance moyenne et une inquiétude diffuse quant à l’avenir du système.
Cette perception souligne une fracture nette entre sentiment de préparation et réalité des besoins. Fidelity rappelle que la transition des régimes à prestations définies vers des systèmes à cotisations définies transfère la responsabilité – et le risque financier – des États et employeurs vers les individus.
Inflation, inégalités et coûts : les nouveaux freins
Au-delà des différences nationales, l’enquête met en évidence de fortes inégalités sociales et de genre. Les ménages à hauts revenus se déclarent largement plus confiants que les bas revenus. De même, 64 % des hommes estiment être en bonne voie, contre seulement 52 % des femmes. Un écart qui reflète des carrières plus morcelées, des salaires inférieurs et un accès moins systématique aux dispositifs d’épargne retraite.
Le niveau de vie attendu à la retraite illustre également les disparités. En moyenne, les Européens estiment avoir besoin de 52 000 euros par an pour vivre confortablement. En Suisse, cette barre monte à près de 93 000 euros, tandis qu’en Espagne, elle tombe à environ 46 000 euros.
Mais l’obstacle majeur demeure l’inflation : 42 % des répondants proches de la retraite la citent comme frein principal à l’atteinte de leurs objectifs. À cela s’ajoutent la volatilité des marchés, les incertitudes politiques et sociales, ainsi que l’allongement de l’espérance de vie. Un cocktail qui complique la planification et accroît le sentiment de vulnérabilité.
Vers une planification plus active
En conclusion : Fidelity International insiste sur la nécessité d’une planification plus active et individualisée. Face à des besoins estimés élevés, des inégalités persistantes et une inflation durable, les Européens doivent renforcer leurs efforts d’épargne et diversifier leurs solutions pour éviter que l’écart entre attentes et réalité ne se transforme en véritable fracture sociale.