Retraites : la réforme suspendue jusqu’en 2028
La réforme des retraites est suspendue, repoussant l'application des mesures jusqu'à 2028.
Le contexte politique
Le 14 octobre 2025, devant l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a surpris son auditoire. Le chef du gouvernement a annoncé la suspension de la réforme des retraites adoptée en 2023, reportant son application au 1er janvier 2028, soit après la prochaine élection présidentielle. Officiellement, cette pause vise à « rouvrir le dialogue social » et à « réviser le calendrier d’application dans un contexte économique incertain ».Mais derrière le discours d’apaisement se cache un constat : la réforme, pierre angulaire du second mandat d’Emmanuel Macron, n’a jamais trouvé son acceptation sociale.
Concrètement, cette suspension signifie que l’âge légal de départ reste fixé à 62 ans et 9 mois
Et le nombre de trimestres requis pour le taux plein demeure à 170 — les conditions applicables à la génération 1963. En d’autres termes, les générations suivantes (1964 à 1967) restent temporairement sous l’ancien régime.Ce gel n’équivaut pas à une suppression : la réforme reste juridiquement en vigueur, mais son application est repoussée de trois ans. Une période qui, selon le gouvernement, doit servir à « clarifier les modalités de mise en œuvre et garantir une équité intergénérationnelle ».
Les conséquences sociales et techniques
Le gel de la réforme suspend également plusieurs mesures techniques prévues à partir de 2024.La surcote parentale, censée compenser le recul de l’âge d’ouverture des droits pour les femmes ayant eu des enfants, devait s’appliquer à partir de la génération 1964. Sa mise en pause paraît logique : l’âge légal étant temporairement figé, la surcote l’est aussi.Même logique pour le dispositif carrières longues, qui permet un départ anticipé pour ceux ayant commencé à travailler tôt. L’âge d’ouverture pour ces assurés reste fixé à 60 ans et 3 mois, en attendant la reprise du calendrier initial.