Résultats d’entreprises : la saison est bonne, mais la prudence s’impose
Les résultats des entreprises sont bons, mais les divergences économiques poussent à la prudence malgré des opportunités d'investissement.
En Europe, une conjoncture à deux vitesses
Sur le Vieux Continent, les indicateurs économiques traduisent un paysage hétérogène. En Allemagne, le PMI composite a dépassé les attentes (53,8 contre 51,5), grâce au dynamisme des services. En France, c’est l’inverse : le ralentissement des services a entraîné le PMI à 46,8, sous le seuil de contraction. Dans le même temps, l’agence S&P a abaissé la note souveraine de la France de AA- à A+, en anticipant une dette publique à 121 % du PIB d’ici 2028. Un signal d’alerte sur la fragilité budgétaire de l’Hexagone.
Cette tension sur les finances publiques alimente la prudence des investisseurs européens. Les gouvernements cherchent à restaurer la confiance : le Royaume-Uni a déjà annoncé de futures hausses d’impôts et coupes budgétaires pour corriger ses déséquilibres. Pourtant, la saison des résultats demeure globalement favorable : près de six entreprises sur dix publient des bénéfices supérieurs aux prévisions. Le Stoxx Europe 600 se maintient dans le vert, soutenu par les valeurs industrielles et financières.
Aux États-Unis, la dynamique reste positive
Outre-Atlantique, la saison des résultats est meilleure encore : 84 % des sociétés du S&P 500 ont battu les estimations, portées par la solidité des marges et la baisse des coûts de financement anticipée. La perspective d’une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale, attendue fin octobre, entretient l’appétit pour le risque : le S&P 500 gagne +1,12 % sur la semaine, le Nasdaq 100 +1,13 %.
Les publications reflètent cependant une Amérique à deux vitesses. Le secteur technologique reste contrasté : Intel affiche une croissance robuste (+3 %) et des perspectives encourageantes sur les data centers, quand Texas Instruments et Meta subissent restructurations et ralentissement des dépenses publicitaires. Dans l’automobile, General Motors (+14,5 %) et Ford (+3,2 %) profitent d’un rebond des ventes domestiques, tandis que Tesla déçoit : son bénéfice d’exploitation chute de 40 % malgré des ventes record (+12 %). Dans la santé, les résultats sont excellents : Intuitive Surgical bondit de +23,6 %, Boston Scientific progresse de +3,2 %, et West Pharmaceuticals (+13,6 %) bénéficie de la demande croissante autour des traitements GLP-1 liés à la perte de poids.
Des émergents plus dynamiques qu’attendu
L’indice MSCI Emerging Markets progresse de +1,46 % sur la semaine. En Chine, la croissance ralentit (+4,8 %), mais la production industrielle rebondit (+6,5 %). À Taïwan, les exportations bondissent de +30 %, portées par les semi-conducteurs. En Inde, les ventes de détail pour la saison des fêtes grimpent de +17 %, et les banques affichent des marges nettes en hausse. Dans l’ensemble, la dynamique reste positive sur les marchés émergents : la consommation résiste, la production industrielle s’ajuste et les gouvernements conservent des marges de manœuvre budgétaires.